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B. Monier : "Nous n’avons rien lâché"

Capitaine emblématique de l’équipe Lozère Sport Nature, Benjamin Monier revient sur sa très belle saison 2012, et sur ce titre de Champion de France des Raids Multisports, remporté le week-end dernier sous des conditions climatiques extrêmes lors de la finale du challenge National des Raids.

Benjamin, un titre de champion de France pour le team Raid LSN, est-ce la reconnaissance d’une équipe soudée, fidèle et solidaire ?

Reconnaissance je ne sais pas, en revanche c’est clair que les valeurs qui caractérisent LSN sont bel et bien l’esprit d’équipe et la solidarité d’autant plus sur cette finale qui fut dantesque. Le noyau dur de l’équipe est composé de 5 à 6 raideurs qui ont l’habitude de courir ensemble, qui se connaissent par coeur et s’apprécient particulièrement. Au delà du côté sentimental, ces critères sont prépondérants sur des épreuves telles que la finale du Challenge qui nécessitent une part importante de stratégie.

Le raid s’est déroulé sous des conditions extrêmes, à quoi se joue le titre?

La météo n’a pas épargné les concurrents : jamais je n’ai vu autant d’eau. Nous ne nous changions même pas tant nous étions rapidement détrempés. Et lorsque, sur les hauteurs, le vent et le brouillard venaient s’ajouter aux trombes d’eau, ça devenait mémorable. On s’en souviendra! Ceci-dit, je ne pense pas que ça ait énormément joué sur les résultats. D’ailleurs on s’est rapidement retrouvé avec les mêmes équipes que lors de la finale précédente. Le titre se joue plus sur la régularité, les choix stratégiques et aussi un peu la réussite. En effet, Vibram Lafuma (Benoit Peyvel, Vincent Faillard, Sylvain Montagny) avait une équipe quasi imbattable, surtout que de notre côté nous n’étions pas au top de nos capacités après les mondiaux. Mais nous n’avons rien lâché sachant qu’il peut toujours se passer des choses notamment avec les portes horaires, les balises optionnelles…

Que penses-tu de ce "titre" de champion de France?

Le Challenge National des Raids semble avoir pris auprès d’une majorité de pratiquants. Le format n’est pas trop contraignant et très simple en terme de compréhension, ce qui permet une grande mobilisation. Après, ça reste un titre non officiel au sens "fédéral" et donc "ministériel". Ce qui veut dire que ça n’apporte pas vraiment de légitimité auprès d’instances publiques telles que les collectivités ou la DDJS. Mais tout le travail fourni par le groupement trouve petit à petit un echo auprès du ministère et le raid multisports prenant de l’ampleur tant au plan national qu’international, il devrait se faire une place digne de l’activité.

A titre personnel, tu as vécu une très belle saison 2012, quels en sont les moments forts?

Une sacrée saison, oui! je savais que c’était ma dernière saison avant un break sportif pour construire ma maison, alors je m’étais fixé plusieurs objectifs auxquels se sont ajoutées de belles opportunités.
Les meilleurs moments par ordre chronologique : ils sont nombreux, à commencer par l’aventure argentine sur la manche ARWS en février. Une première expérience pour moi sur un raid en dehors du continent européen qui s’est soldée par une magnifique seconde place derrière les intouchables Seagate, au terme d’une course palpitante pleine de rebondissements et d’émotions. Vient ensuite la seconde place lors de la finale française en avril suite à une bagarre acharnée avec les vainqueurs Lafuma. Et puis, en septembre, l’objectif numéro un de la saison : les mondiaux en France et une superbe 6eme place après de grands moments de doute et une seconde partie de course exceptionnelle. Pour terminer par la cerise sur le gâteau avec ce titre qu’on imaginait jouable en avril, mais beaucoup moins à notre portée en octobre !

Les pires moments ?

Lorsque deux semaines avant les mondiaux, alors que j’ai la forme de ma vie depuis plusieurs mois, un gros coup de fatigue me tombe dessus. Puis ensuite lorsque sur les 30 premières heures de course je ralentis nettement l’équipe. Mais aussi lorsque nous apprenons au départ de la dernière section des mondiaux l’abandon des Quechua qui jouaient le podium. Je ne sais pas si c’est la fatigue, mais j’ai ressenti une vague d’émotion me hanter en pensant à eux, sur qui le sort s’acharnait après le décès de Laurent quelques semaines avant le départ. Ca aurait été tellement beau qu’ils montent sur le podium de ces mondiaux pour rendre hommage à leur pote !

Recueilli par Laurent Valette