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RAID IN FRANCE – JOUR 5 – Monts et Merveilles…

Depuis le début de ce Raid in France, malgré la difficulté du parcours et la rusticité des conditions, les raiders continuent d’en prendre plein les yeux. Après la magie du glacier du premier jour, les eaux tumultueuses du Guil et de la Durance le second, les raiders s’attaquent depuis trois jours à l’exceptionnel Mercantour.

Pour que la majorité des concurrents en profitent un maximum, quel que soit leur classement, l’organisation a prévu des portes horaires permettant aux moins bien classés d’être réintégrés dans le peloton. Les Gorges de Daluis ont laissé les raiders admiratifs devant la grandeur de cette nature sauvage, qui a notamment creusé dans la pélite – cette roche rouge – un canyon grandiose que les raiders auront eu à descendre, avant de poursuivre sur le Var. La nuit dernière, les bateaux jouaient aux lucioles sur ce fleuve navigable de nuit. Un balais de frontales de dessinait ainsi sur les flots. La section fut délicate pour ERTIPS qui y laissera un bateau, et pas mal d’illusions, sur un lit qui "frottait" énormément sur la première section de la rivière.

Aujourd’hui pour la tête de course, et dans les deux jours à venir pour les poursuivants, les raiders ont cheminé en direction de la Vallée des Merveilles. Au départ de La Madonne de Fenestre, un territoire de 250 hectares appartenant au Vatican, les raiders reçurent la bénédiction et les encouragements du premier de leurs supporters, le prêtre veillant sur ces lieux. Une aide supplémentaire à l’heure de s’attaquer à ces 26 km de trek (2000m D+) entamés après plus de 100 heures d’efforts pour les leaders de SEAGATE (NZ).

Ceux-ci sont devenus les chouchous des contrôleurs des CP. En plus de faire forte impression au niveau sportif, le team Seagate impressionne les observateurs par son calme, son professionnalisme, sa gentillesse et sa sérénité à chaque point de contrôle. Si Nathan Faa’ve, le capitaine maori, avait un peu les yeux cernés ce matin au CP27, la forme est globalement étincelante après plus de 100 heures de course. L’heure est à la gestion de course ; avec plus de 5 heures d’avance sur leurs poursuivants, inutile de trop monter dans les "tours". Après trois journées passées dans le Parc National du Mercantour et ses doux mélèzes, les "balèzes" de l’Hémisphère Sud prennent leur temps et soin d’eux à chaque CP ou point de transition. Aux transitions, Sophie, Trevor et Chris écoutent religieusement le capitaine Nathan, qui délivre les consignes sans un mot plus haut que l’autre. Ses trois équipiers obtempèrent sans broncher. Un ballet parfait, une cohésion remarquable – qui tranche avec la tension ou les approximations dans d’autres équipes – malgré la fatigue et le manque de sommeil.

Les leaders de ce championnat du monde gèrent aussi parfaitement leur alimentation, quasiment à chaque point de contrôle et transition. Ce matin au CP27, Sophie s’est précipité dans une boulangerie de Saint Martin Vésubie, ramener une baguette à chacun de ses équipiers, des quiches, pendant que Nathan s’ouvrait un sachet de bacon. Nul doute que cette boulangerie fera d’ailleurs le chiffre de l’année, chaque équipe ne manquant pas d’y faire une halte, et laissait sans compter quelques euros pour un peu de nourriture, salée notamment.

Ainsi requinquées, les équipes allaient donc s’attaquer à la Vallée des Merveilles. Un trésor d’histoire, à plus de 2000m d’altitude. 40.000 gravures rupestres préhistoriques à l’air libre y sont réparties sur 15 km, autour du mont Bego. C’est ici que le roc Nathan Faa’ve montrera sa première faille : au refuge des Merveilles, ses équipiers lui portent son sac, et sur l’arrivée de la section au Baisse de Tueis, il se fera tracter. Alors que l’équipe avait toujours collé aux temps minimum estimé pour chaque section, elle a cette fois-ci mis deux heures de plus que le temps minimum estimé sur ce trek des Merveilles, après avoir "jardiné " un peu autour de certaines balises. Après un contrôle des sacs par le jury passé sans encombres, le team leader de la course décidait de prendre un repos d’une heure.

Ce repos pourrait-il mettre en danger le leadership des Néo-Zélandais ? Les heures qui arrivent devraient le dire…. Thule, toujours 2e, doit faire face à la blessure de Martin Flinta aux pieds. Ce dernier avait découpé sa chaussure pour libérer son talon et amoindrir la douleur à  l’attaque du long trek. Mais le quatuor tenant du titre continue de vendre chèrement sa peau et s’accroche brillamment à cette deuxième place. Quechua, eux, réalisent une très belle fin de course. Oublié les problèmes digestifs de Franck Gorry, et mécaniques d’Yves Bilodeau. Tout semble rouler à merveille pour les Savoyards. Mention particulière à Elodie Bourgeois Pin ; pour son premier raid non-stop, et une expérience précédente sur Réunion d’Aventures, l’ancienne skieuse de fond de haut niveau tient parfaitement le choc, aux côtés de ses expérimentés équipiers. Quechua a ravi, à pied, la 3e place aux Suédois de Silva, qui paient sans doute leurs efforts pour revenir au contact après avoir été pris dans la dark zone de la première section nautique.

Dans la nuit, ce quatuor de tête va plonger sur la Méditerranée, où la ligne se précisera alors. Il restera en effet aux leaders 58km de VTT à dominante "descente" (2500m D-), puis 2km de trek et 5 km de kayak avant de parvenir à Roquebrune-Cap Martin, jeudi matin.