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Aubrac – Julien Bartoli, bientôt à l’heure de la reprise.

Vainqueur de la Cap Aubrac 2013, le recordman de Corse du marathon détenteur d’un chrono de 2h22’40’’ avait découvert le trail à cette occasion. Fasciné par cette expérience, qui lui avait permis d’assurer une transition ludique avant de s’attaquer à la préparation spécifique d’un marathon d’automne, cet homme fort de l’AJ Bastia tient à revoir l’Aubrac. Mais plutôt que de défendre sa couronne, il préfère s’aligner sur le Trail des Capucins.

Julien, comment es-tu venu au Trail ?
J’appartiens au Team Kalenji, qui est partenaire de cet événement. Or, tous les ans entre le marathon de printemps et celui d’automne, j’aime me faire plaisir sur des épreuves atypiques et voir autre chose, avant de renouer avec mon schéma classique. Donc, au courant de mon fonctionnement, le manager du groupe m’a proposé de prendre part à la Cap Aubrac, histoire de vivre une nouvelle aventure. Vu que de coutume, bien que spécialiste de la route j’aime bien m’entraîner en nature, j’ai tout suite répondu par l’affirmative et j’avoue avoir vécu un week-end fantastique.

A quel propos ?
A tout point de vue. Déjà, il y a cette immersion au sein d’un environnement exceptionnel et loin des villes. Ensuite, la gestion de l’effort surprend. Par exemple, lorsque l’on m’avait prévenu que je serais amené à marcher pour venir à bout de certaines pentes vraiment raides, j’avais du mal à concevoir cela. Idem, dans des descentes vertigineuses, où je ne voulais pas prendre le risque de me blesser. Bref, habitué à progresser à un rythme régulier sur le macadam, c’était surprenant. Cependant cette variation d’allure ne signifie pas que l’on se promène. On finit avec les cuisses tétanisées et la douleur persiste plusieurs jours. Surtout lorsque l’on se présente sur ce trail sans avoir suivi une préparation spécifique. En plus, même si tu consultes le profil, tu ne parviens jamais à t’imaginer la réalité du terrain à laquelle tu vas être confronté. Par contre, j’ai retrouvé des similitudes avec le marathon. Outre la durée de ces deux types de compétitions qui demeure semblable, on vit également la solitude puisque le peloton s’étale très vite. Aussi lorsque nous franchissons la ligne,  un sentiment d’accomplissement nous étreint, parce que nous sommes allés au bout d’une aventure. Enfin l’ambiance m’a touché. C’est la fête. Cela reste vraiment bon enfant.

Qu’entends-tu par « Fête » ?
La veille on mange ensemble les spécialités culinaires du cru tels l’aligot, ou la fameuse viande de l’Aubrac. Après, on refait la course autour d’un repas. Je ne me permets pas cela la veille d’un marathon, où question nutrition je suis plus rigoureux. Néanmoins, je reconnais que je m’accorde ce genre d’excès, parce que je suis dans une période charnière entre deux marathons. Dès que la préparation spécifique du prochain débutera, je serrerai de nouveau les boulons.

Cette année, pourquoi as-tu choisi le Trail des Capucins ?
La Cap Aubrac proche des 30 km équivaut quelque part à un marathon en ce qui concerne la durée. Or, j’en ai déjà couru un au printemps et j’en programme un second à l’automne. Donc  participer à la Cap Aubrac reviendrait à en aligner 3 dans l’année. Ce que je ne veux pas recommencer à l’instar de l’an passé. Voilà pourquoi dimanche, je me limiterai au 18 km du Trail des Capucins.

Qu’en attends-tu ?
Prendre du plaisir. Toutefois, ce n’est pas parce que je vis une période de transition, que je n’ai pas envie d’être performant. De surcroît, le dénivelé va me permettre de reprendre le travail musculaire et de me rendre compte de mes points faibles. Bref, à l’issue de la course je saurai, où j’en suis et tout ce qu’il reste à entreprendre avant le prochain marathon.

Sur quel marathon d’automne as-tu arrêté ton choix ?
Je me rendrai à Berlin animé par la volonté de passer sous les 2h20’ et d’améliorer mon record de Corse.

Plus tard, lorsque tu auras atteint tes limites sur marathon passeras-tu au trail ?
A ce sujet, je n’ai pas vraiment de projets bien concrets. Dans un premier temps, je pense plus m’orienter sur le 100 km, où j’aurai peut-être l’opportunité de décrocher une sélection en équipe de France. Philippe Propage partage ce point de vue, mais comme j’ai 36 ans il m’a dit de ne pas tarder.

Recueilli par Christophe Rochotte