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Championnat de France de Trail, S. Court en rêvait, il l’a fait

Les sanglots dans la voix et les larmes aux yeux, le Bordelais Sylvain Court (lire son interview d’APRÈS course ICI) a remporté, sur les coups de midi, le Championnat de France de Trail (long) 2014 à Buis-les-Baronnies, en parcourant les 63km du parcours (3000m D+) en 5h29′ devant Nicolas Martin et Ludovic Pommeret (lire son interview d’APRÈS course ICI).

« Devenir Champion de France dans une discipline, cela fait longtemps que j’en rêve. Je n’avais pas pu atteindre cet objectif dans mon sport d’origine, le VTT, et y parvenir aujourd’hui en trail, c’est un rêve qui se réalise ». Abasourdi par l’effort débuté à 6h30 ce matin, et par l’écrasante chaleur automnale régnant sur la petite commune de Drôme provençale, Sylvain Court a de la peine à réaliser. Pris de sanglots, le militaire de Mérignac se rend compte sans doute du chemin parcouru depuis son début de saison chaotique, les doutes qui ont suivi, et la longue marche entreprise depuis début juillet pour retrouver son niveau. « Ce titre, ce n’est pas une revanche, puisque je n’y croyais pas du tout en partant ce matin » explique Sylvain. « Mon début de saison a été difficile, je commençais à douter de mes capacités à retrouver mon niveau qui avait été le mien. Et avec le plateau qu’il y avait ce matin au départ, je savais que ce serait très difficile ».

Les premiers kilomètres allaient confirmer ces présages. L’ensemble des favoris, au rang desquels figuraient Julien Rancon, Sébastien Spehler (lire ici son interview d’AVANT course), Manu Gault, Fabien Chartoire, se mettait rapidement en ordre de marche sur la première boucle du parcours, longue de 23km, entamée à « tombeaux ouverts ». Un peu plus de deux heures pour franchir les quelques mille premiers mètres de dénivelée positive sur une alternance de sentes techniques, conclue par une longue descente d’une demie-heure environ lançait la course sur des bases rapides. Le soleil, généreux, était déjà annonciateur d’une belle et chaude journée. Mais ce ne fut qu’un premier tour de chauffe, et l’essentiel allait se jouer sur la deuxième boucle de ce parcours tracé sous forme de « 8 ». Cette seconde boucle s’entamait par une longue ascension de 6 km et 800 m D+ sur un joli sentier, au pied des falaises de St Julien. Les coureurs s’offraient un premier passage en crête avant une descente, avant la difficile montée au sommet de Banne (400 m D+) via une sente très étroite. Trois hommes s’étaient alors échappés du groupe de tête, en la personne de Sylvain court, Sébastien Spehler et Julien Rancon.

martin

Sur ce format long (63km), la course d’attente était certainement la stratégie la plus appropriée, l’état de fraîcheur de chacun étant un autre des atouts des postulants. Au fil des kilomètres, et alors que le mercure continuait sa progression, on voyait en effet revenir de l’arrière des coureurs revigorés, tandis que que certains, en tête, baissaient de rythme. Parmi eux, Julien Rancon, qui allait connaître une lente « dégringolade » au classement. « Définitivement, je crois que les formats longs ne sont pas faits pour moi », jugera le champion de France de trail court 2013 sur la ligne d’arrivée, plus tard. « Mentalement, je n’arrive pas à accepter le rythme du trail long » résumera l’intéressé. Nicolas Martin, au contraire, fera une course « crescendo ». Pointé aux environs de la 15e position à l’issue des 23 premiers kilomètres, le vainqueur de l’OCC il y un mois allait produire son effort, pour peu à peu recoller au peloton de tête. « Je n’ai pas eu l’impression d’être parti prudemment. Disons plutôt que c’est parti très fort, d’emblée. Personnellement, j’avais des inquiétudes concernant ma cheville, c’est sans doute pour cela que je n’ai pas pu suivre les plus rapides de suite ».

pommeret

Dans les dix derniers kilomètres de l’épreuve, la hiérarchie allait être totalement chamboulée. Le tenant du titre Sébastien Spehler, qui attendra Sylvain Court au dernier ravitaillement (km 43), semblait sûr de sa force, en fin stratège qu’il est. Mais Martin, Pommeret et Gault restaient en embuscade et joueront les trouble fête jusqu’au terme de l’épreuve tout comme Vincent Viet. Sylvain Court, voyant s’amorcer le final dessiné en partie descendante craignait de voir le scénario de 2013 à Gap se renouveler. Dans les Hautes Alpes, Spehler avait en effet fait parler ses qualités de descendeur pour lâcher ses concurrents dans l’ultime descente. Contre toute attente, le scénario fut inverse aujourd’hui, Spehler s’effondrant littéralement dans la partie finale pour laisser partir Court, mais aussi Martin (2e) et Pommeret (3e).

« Mon entraîneur m’avait conseillé ce matin de rester à l’abri, et une nouvelle fois, je ne l’ai pas écouté » sourira le nouveau Champion de France Sylvain Court. « Mais ce fut dur du début à la fin, j’ai dû serrer les dents sur tout le parcours ». Sa fraîcheur aura sans doute fait la différence face à un Sébastien Spehler qui comptait à ce jour plus de victoires (10 en 10 courses) que Court ne comptait de dossards accrochés durant la saison (7 au total). « Après une coupure en juin, je m’y suis remis progressivement, pour terminer par une grosse course à Zermatt, fin août, où le niveau était exceptionnel. J’avais pris « cher » là-bas, mais finalement je crois que c’était quand même une très bonne préparation » dira Court. Auréolé de ce titre national bleu-blanc-rouge très cher aux yeux de ce militaire, Sylvain Court décroche ainsi sa sélection pour les Mondiaux 2015 sous le maillot de l’équipe de France, tout comme Nicolas Martin, dernier « bleu » qualifié aujourd’hui pour l’épreuve qui se déroulera en France , sur la Maxi Race 2015.

Luc Beurnaux/Photos Nico Raybaud

RESULTATS CHAMPIONNAT DE FRANCE DE TRAIL LONG 2014 ICI

Retour complet sur les Championnats de France de Trail COURT 2014 ICI –  (compte rendu, réactions et résultats).