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Corinne Favre : des précisions sur son accident…

La championne de ski-alpinisme française grièvement blessée dimanche lors d’une expédition dans le massif de l’Himalaya côté népalais a survécu après avoir reçu un énorme bloc de glace de 200 kgs en pleine poitrine, a déclaré vendredi à Katmandou le chef de l’expédition. Corinne Favre, 37 ans, a été atteinte par une chute de sérac alors qu’elle descendait le Mont Pumori, un sommet culminant à 7.161 mètres. Victime de multiples fractures et sérieusement blessée à la poitrine, elle a été hospitalisée à Katmandou où "son état s’améliore", a indiqué un médecin. "Elle a été blessée par un énorme bloc de glace de la taille d’un fauteuil. Le bloc devait bien faire dans les 200 kgs, et l’a frappée en plein dans la poitrine", a expliqué le chef de l’expédition, Fabrizio Zangrilli. "J’ai vu la glace alors qu’elle était en train de tomber, à 50 m au dessus de nous. J’ai crié mais on était encordé et on ne pouvait pas bouger", a raconté M.Zangrilli, un Américain de 36 ans originaire du Colorado. Corinne Favre "se trouve en soins intensifs et son état s’améliore, mais nous devons encore le stabiliser", a déclaré Anip Joshi, l’un des médecins qui la soignent dans un hôpital de Katmandou. La Française évoluait encordée avec un guide népalais, lorsqu’ils ont été emportés par une chute de sérac (bloc de glace). On ignore l’état de santé du guide népalais. Après l’accident, elle a été secourue par Fabrizio Zangrilli, qui a porté son corps ensanglanté pendant près de quatre heures avant que des Sherpas et d’autres membres de l’équipe ne viennent à leur secours. "C’était très dur physiquement d’avoir 60 kg pendus à mon harnais, de traîner quelqu’un en montée puis de le mettre sur mon dos", a expliqué le guide, arrivé jeudi à Katmandou. Une fois l’équipe parvenue à un village au pied de la montagne, Corinne Favre a pu recevoir des soins d’urgence grace à un médecin français qui faisait de la randonnée dans la région, avant d’être évacuée par hélicoptère à Katmandou. "Nous avons eu de la chance avec la météo, qui nous a permis de prendre un hélicoptère, ce qui n’était plus possible les jours suivants", a ajouté M. Zangrilli. « Corinne est encore très fragile mais consciente. Il faudra attendre environ 10 à 15 jours pour envisager un transfert en France" de la traileuse, qui réside dans les Hautes-Alpes car son état, "bien qu’étant stationnaire", reste "très sérieux", affirmait-il sur la base d’informations transmises par l’ambassade de France à Katmandou. Corinne Favre effectuait l’ascension du Pumori avec des alpinistes américains dans le cadre d’un entraînement en vue d’une course en montagne de 250 km (Everest Lafuma Sky Race) avec un dénivelé de 14.500 mètres. Les mois d’octobre et novembre offrent des conditions idéales aux alpinistes et randonneurs sur les pentes de l’Himalaya, à la frontière du Népal et du Tibet. Des accidents et le mal de l’altitude y tuent toutefois plusieurs personnes chaque année. Six étrangers, dont cinq Français, se sont tués lors d’expéditions ou de trekkings dans le massif de l’Himalaya, côté népalais, depuis la fin septembre, ont indiqué vendredi l’ambassade de de France et des responsables népalais. "Sur les cinq, deux étaient des alpinistes et trois effectuaient du trekking", a indiqué à l’AFP l’ambassadeur de France, Gille-Henry Garault. L’un des trekkeurs s’est tué après avoir fait une chute. Un alpiniste est mort alors que son matériel de sécurité a lâché et trois autres personnes sont mortes après être tombées malades en raison de l’altitude, a-t-il indiqué. La dernière victime, Jean Mary, âgé de 52 ans, est mort sur le Ama Dablam, un sommet de 6.812 m, à côté de l’Everest, a indiqué Gyanendra Shrestha, responsable des services népalais d’alpinisme. "M. Mary est mort après avoir fait une chute de 500 m. Son corps a été transporté jeudi à Katmandou", a-t-il indiqué. Un Iranien est également mort lors d’une ascension. En octobre seulement, quelque 5.000 Français, essentiellement des trekkeurs, sont entrés au Népal, contre 3.600 l’an dernier, a précisé l’ambassadeur. "De nombreuses agences de trekking et d’alpinisme sont très professionnelles, mais d’autres le sont moins. Certaines ont des guides mal entraînés qui n’arrivent pas à déceler le mal de l’altitude chez leurs clients et ne disposent pas des moyens de communication nécessaires", a encore déclaré l’ambassadeur.