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Christel Dewalle contrôlée positive et suspendue 4 mois

Christel Dewalle

Dans un communiqué envoyé ce jeudi 11 mai 2017, l’International Skyrunning Federation (ISF) annonce le contrôle positif de Christel Dewalle, et sa suspension pour 4 mois à compter du 8 mai 2017.
Analyse et réactions de l’intéressée qui explique : « j’ai été négligente, j’assume, mais j’ai jamais voulu tricher »voir ci dessous.

Selon l’ISF, l’agence mondiale Antidopage lui a annoncé le 11 avril dernier que l’athlète française avait été contrôlée positive à l’Heptaminol* le 22 juillet 2016, à la suite de l’épreuve de kilomètre vertical des Championnats du Monde de Skyrunning en Espagne (BUFF Epic Trail – A LIRE ICI)
Un contrôle antidopage diligenté par la FEDME (Fédération Espagnole de Montagne et Esclade), fédération membre de l’UIAA donc le Skyrunning s’est rapproché en décembre 2015.

L’analyse de l’échantillon a été réalisée dans un laboratoire de Varsovie (POL), labellisé et reconnu par la WADA (Agence Mondiale Antidopage), le 9 septembre 2016.
L’ISF a été avertie 7 mois plus tard de son résultat positif.
L’ISF en a informé l’athlète et son manager le 25 avril 2017.
Le 8 mai 2017, la commission anti-dopage de l’ISF a infligé 4 mois de suspension à l’athlète concernée, la peine la plus faible, soit du 8 mai au 7 septembre 2017 inclus, la « faute légère » et la « faute par négligence » ayant été retenues pour sanctionner l’athlète.

Les résultats du KV des Mondiaux de Skyrunning sont annulés et c’est à l’Espagnole Laura Orgué que revient le titre dans cette discipline devant Maite Maiora Elizondo.

La procédure est définitive car la sanction a été infligée, elle a valeur de sanction tous sports confondus dans le monde pendant 4 mois.

=> Christel Dewalle que nous avons joint explique et justifie la situation sans rien occulter :

« J’ai reçu un premier courrier le 25 avril (tout en Anglais), et je comprenais rien, j’ai demandé une version en Français que j’ai reçu le 27 avril.
J’ai été très très mal, je m’en souviendrai toute ma vie, j’ai chaviré, fais les 400 pas dans mon jardin et d’abord cru à un complot.
Christel Dewalle - TrailJ’ai alors retourné toute ma pharmacie, je voulais trouver et comprendre.
J’ai finalement trouvé le Ginkor Fort, j’avais enfin une explication, c’était important pour ma conscience ».

Christel revient alors très calmement sur ses antécédents médicaux et les problèmes de santé qu’elle a connu avec la volonté de s’expliquer, quitte à dévoiler des aspects de sa vie privée.

« Lorsque j’ai eu ma fille Alexia en 2006, j’ai eu de graves problèmes veineux au moment de la grossesse, j’ai fait une phlébite grave qui a nécessité mon hospitalisation sous Héparine (anticoagulant puissant), je ne pouvais plus me lever ni même aller aux toilettes, je me demandais même si j’allais pouvoir remarcher. J’ai maintenant un traitement anti-plaquettaire à vie »
A 25 ans, elle consulte un médecin spécialisé à Lyon « on m’annonce que je ne ferai sans doute plus de sport », le diagnostic tombe, c’est le syndrôme de cockett.

Et pour être encore plus claire elle ajoute : « au niveau plus perso, je dois le dire, j’ai plus de tabous, je souffre d’hémorroïdes ».
Hospitalisée à 3 reprises aux urgences pour ce problème de santé, elle dispose des documents qu’elle a fournit pour sa défense, d’attestation médicale et même le staff de l’équipe de France avait aussi connaissance de cette pathologie, ayant été contrainte à un remède lors des Championnats d’Europe de course en Montagne l’an passé, sur les conseils du médecin fédéral.

« Je reviendrai c’est sûr » : Christel Dewalle

Elle revient ensuite avec beaucoup plus de détermination sur l’épisode Espagnol qui l’a conduit à cette situation.

« On avait fait 10h de route et 800 km, en arrivant sur les lieux, j’ai fait une crise d’hémorroïdes, j’ai pris du Ginkor Fort, que je m’étais procuré dans la pharmacie à côté de chez moi.
Ce médicament est en vente libre, sans ordonnance, le pharmacien me l’a vendu, c’était le moins cher, je l’ai acheté (elle prenait habituellement du Daflon).
J’ai pas lu la notice, j’aurai dû c’est certain, j’ai commis une erreur, j’ai été négligente, j’assume, mais je n’ai jamais voulu tricher ».

« Je suis soulagé…..j’ai jamais triché de ma vie….cela va me donner plus de force »

Christel Dewalle assume son erreur tout en défendant sa bonne foi et veut maintenant se battre pour que ce médicament ne soit plus en vente libre.

Le mal étant fait, elle ajoute « J’accepte d’être sanctionnée, je suis fautive, c’est cher payé mais c’est comme ça ».
Mais désormais son regard se tourne vers l’avenir, ses éventuels détracteurs et les mauvaises langues qui vont l’accabler.
« Soit j’arrête tout, soit je reviens en septembre et je montrerai que je suis propre » et sur un ton plus ferme elle confirme « je reviendrai c’est sûr, mais si ça ne me plait pas, je sortirai de ce milieu, je prendrai mon chrono et j’irai seule faire des temps dans mon coin ».

« Je me sens maintenant soulagée de pouvoir en parler et de ne plus le cacher, je suis sanctionnée 4 mois. Je vais profiter de la montagne et d’un vrai été avec mes enfants, j’aime trop la montagne pour que cela me stoppe ».

Christel Dewalle avec ses filles Alexia et OcéaneChristel Dewalle insiste alors tout en assumant : « J’ai fait une connerie involontaire, mais j’ai la conscience tranquille, j’ai jamais triché de ma vie ».

Pour conclure, avec une détermination comme au départ d’une course, « je me fiche des réseaux sociaux, je n’y vais jamais, c’est pas mon truc ».
J’ai connu des épreuves très dures dans ma vie, j’ai mené d’autres combats, j’ai perdu des êtres chers (son oncle très proche il y a 1 an), ma vie, c’est ma famille, on peut me juger mais je suis tenace et je suis une tête de mule ».
Ma force, c’est mes filles Alexia et Océane et je suis certaine que tout cela va me donner encore plus de force ».

A LIRE LE PORTRAIT DE L’ATHLÈTE ICI (2012 par F. Vanlaton)

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Une fois de plus, il faut toujours être très prudent sur l’automédication, bien regarder les notices, se référer au site SPORTPROTECT et ne pas prendre le départ, plutôt que de prendre le risque d’un contrôle positif.

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*Heptaminol : molécule que l’on retrouve dans de nombreux médicaments comme le « Ginkor » (en vente ou « l’heptamil » et qui permet de traiter les crises d’hémorroïdes, les sensations de jambes lourdes, troubles pouvant être en lien avec une mauvaise circulation veineuse, il stimule la circulation du sang dans les veines et lutte contre l’altération des vaisseaux capillaires.
L’heptaminol est un produit dopant faisant partie des substances interdites en compétition par le Code mondial antidopage, dans la catégorie des stimulants.

Par Fred Bousseau – ©Fred Bousseau