Trails Endurance Mag
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Entretien – Anne Valero engrange…

Début de saison retentissant pour Anne Valéro sur les deux plus grands trails urbains nationaux : une semaine après avoir remporté les 50km de l’Eco Trail de Paris, Anne remettait le couvert avec une victoire sur les 23km du Lyon Urban Trail. Impressions de la jeune femme installée près d’Aix-les-Bains depuis peu…

Anne, tu as enchaîné remarquablement ces deux courses « urbaines », quelle a été la victoire la plus difficile ?


Je ne peux pas comparer ces deux courses, l’éco Trail de Paris était un réel objectif de ma saison, j’avais un peu de pression tout de même pour plusieurs raisons : c’est la grosse course de mon équipementier MIZUNO, une course à objectif pour SIGVARIS et NUTRATLETIC également. C’est « la course » qui m’a lancé dans le trail après ma victoire sur le 80 km en 2008. J’avais envie de bien figurer sur le 50 km et on peut dire tout ce que l’on veut, mais une course dans la capitale et de cette envergure, la communication et la visibilité est importante,  c’est ce que je dois à mes partenaires qui m’aident et me font confiance !
J’étais annoncée comme favorite mais ça me fait bien rire, car tout peut se passer dans une course et une nouvelle traileuse peut toujours pointer le bout de son nez. J’ai fait la course toute seule en tête sans avoir aucun pointage de mes poursuivantes, mais avec la peur que ça revienne de derrière à tout moment donc j’ai un peu couru tout le long avec la boule au ventre !
Le Lyon Urban Trail était une course « bonus », qui me tentait depuis plusieurs années mais où je n’avais pas pu me libérer. Cette année SIGVARIS étant partenaire, j’ai pu avoir un dossard de dernière minute ! Me sentant très bien après l’Eco trail j’ai décidé de tenter ce format sans aucune pression et je me suis dit : si ça ne passe pas ça servira de bonne séance et j’aurais participé à ce trail urbain ! J’ai donc baigné dans un réel bonheur toute la course car je suis tombée sur un jour où les jambes répondaient à chaque fois que je leur demandais…
Comment récupère-t-on aussi vite entre deux courses rapprochées ?
Il n’y a pas de recette miracle je pense ! Déjà quand on arrive bien préparé ça aide ! Cette année j’ai pu m’entraîner tout l’hiver ; ma préparation a commencé début décembre en passant par les cross, qui sont une réelle école de course et de combativité ! Je pense aussi que je me suis moins donnée que si j’avais eu de la concurrence proche, du coup ne puisant pas à 100%, la récupération est plus rapide. Et puis cette année j’ai mis en place autour de moi toute une équipe qui m’accompagne et m’aide au niveau récupération, kiné, ostéo au nouveau centre de Challes les Eaux et au niveau diététique Nicolas Aubineau et Nutratlétic ! Le seul « hic » est encore le sommeil pour lequel je ne m’accorde pas assez de temps, prise par mon activité de coaching des autres athlètes, ma famille et mes entraînements. Enfin, je suis loin d’être bien organisée, cette fois-ci c’est passé mais je sais qu’il faut que je progresse à ce niveau car c’est un point noir ! Et puis je suis restée active sans courir avant le jeudi mais en faisant de l’aérobie en vélo en aquajogging. Ca me réussit assez bien pour drainer au mieux les déchets et retrouver l’élasticité musculaire ; j’y associe un travail postural et de gainage et voilà le tour est joué !

Comment expliques-tu ta forme du moment ? As tu changé quelque chose ?

J’ai démarré ma préparation plus tôt cet hiver, j’ai pu reprendre les bases en faisant beaucoup plus de séances de qualité, de fractionnés courts en compagnie d’athlètes du club d’Aix les Bains. Puis j’ai endossé pas mal de dossards : toute la saison de cross, un trail court sur neige, le semi de Paris, le trail des Cabornis, ça m’aide énormément à gagner en confiance plutôt que d’arriver sur des objectifs sans avoir encore pris le départ d’une course. J’y ai associé des séances de ski de fond et du travail en salle avec mes rugbymen.

Comment s’annonce le reste de la saison ?
J’ai prévu de monter crescendo en distance, en continuant à beaucoup courir pour retrouver cette confiance en moi que j’ai perdu avec mes années de galères ! (blessures récurrentes). Je vais y associer beaucoup de séances de vélo et de préparation physique afin d’éviter les blessures. J’ai un gros atout c’est que j’adore m’entraîner; ça fait partie de ma vie donc tout ce qui tourne autour de ma pratique sportive est du pur bonheur ! J’ai la chance d’être invitée à beaucoup de courses, j’ai dû choisir et si ça ne va pas je n’hésiterais pas à déplacer mes objectifs : Oxygen challenge, Marathon Race d’Annecy, Marathon du Mont-Blanc, Ice trail, CCC… S’ajouteront à ces épreuves des courses préparatoires et pour la fin de saison, on verra bien l’état de forme en espérant pouvoir aller jusqu’à la Sainté Lyon.

Le gros objectif de l’année ?

Ce sera la CCC, c’est aussi celui qui m’impressionne le plus. D’ailleurs je ferai pas mal de reconnaissances sur le parcours avant et j’espère que le beau temps fera partie de l’aventure !

Recueilli par Laurent Valette