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Entretien avec Sandra Martin : "je n’aime pas trop souffrir".

Dimanche 12 août pour la deuxième année consécutive, Sandra Martin (Altecsport), a remporté autour de Barcelonnette le 42 km du trail Ubaye Salomon, 8ème étape de la National Trail Running Cup Salomon / Endurance Mag.
L’occasion de revenir sur sa belle saison de Trail 2012 après un hiver tout aussi réussi en cross.
Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Sandra Martin, 40 ans, native de Beaumes de Venise, petit village situé au pied des Dentelles de Montmirail et proche du Mont Ventoux.
Associée à la direction d’une entreprise de plomberie-électricité, je suis maman de Tom 14 ans et Coline 9 ans. J’ai toujours pratiqué le sport depuis ma plus tendre enfance, d’abord du hand-ball jusqu’aux alentours de 20 ans, puis jusqu’à 30 ans de la musculation et fitness 6 fois par semaine, mais sans compétition, les deux associés à quelques footing.
J’ai fait mon dernier footing enceinte de 5 mois et je n’ai rechaussé les baskets que 9 ans après…
Bien m’en a pris ! J’ai toujours préféré les sentiers des Dentelles et collines environnantes à l’asphalte, je trouve cela plus ludique et en plus on peut souffrir et se mettre minable en toute tranquillité !
Tes meilleurs résultats depuis tes débuts jusqu’à ta victoire le 12 août 2012 sur le trail Ubaye Salomon ? 
En 2009, une victoire sur l’Ardéchois et sur la Via Romana. 2010, victoire qui me tenait à cœur sur le trail du Ventoux suivie de deux autres consécutives en Corse sur le Restonica Trail et la Via Romana. Cette dernière m’a marquée, car je suis partie avec une douleur au pied sans vouloir me faire diagnostiquer de peur qu’on me dise de ne pas courir. Du coup j’ai couru avec une fracture traumatique et j’ai fini avec deux ! C’est pas malin mais ça sert de leçon ! En 2010 j’ai également terminé septième aux Templiers et gagné l’Hivernatrail.
En 2011 après les cross, victoires sur Restonica Trail et sur pas mal d’épreuves du Challenge des Trails de Provence dont le trail Ubaye Salomon et le trail de Beaumes de Venise. Afin de participer aux Templiers où j’ai terminé quatrième, j’ai décidé de laisser filer ma place de leader de ce Challenge en ne participant pas à la finale.
En 2012 j’ai pris la cinquième place du trail du Ventoux, remporté le trail Drôme Lafuma et me suis classée deuxième de la Montée des 4000 marches et troisième à la Courch’à Pied.
Je m’attribue aussi le titre de championne toute catégorie de persévérance dans les « boulettes» avec après l’épisode 2010, en juin 2012 une opération sauvage de ma part pour tenter de guérir plus vite que tout le monde une maxi-cloque sur le tendon d’Achille, qui s’est transformée en plaie béante qui m’a value deux mois d’arrêt et quelques bons serrages de dents avant de pouvoir rechausser mes chaussures de trail.
Tes points forts et ceux perfectibles…
Je ne me sens pas exceller sur un point précis. Je constate que je n’aime pas trop souffrir. Mon cerveau ne permet pas à mon corps d’aller au-delà d’un certain seuil. Je n’arrive pas à me mettre à l’envers comme certains. Sans fausse modestie, je pense que je pourrais faire mieux si je me levais un peu l’âme. J’aime de plus en plus l’effort dans les montées et j’adore les descentes roulantes. Je pense être assez polyvalente et suis à l’aise sur toutes les distances jusqu’à 80 km. J’ai découvert cette saison les courses de montagne avec mon compagnon et j’y ai pris un plaisir monstrueux même si à 40 ans et débutante dans cette discipline il n’est pas facile de se faire une place sur les podiums, mais ce n’est pas grave… 
Outre les points techniques je travaille l’aspect mental qui joue un énorme rôle…J’ai abordé l’Ubaye Salomon 2012 dans un état d’esprit, complètement différent de toutes mes autres courses. Mon ami, m’a beaucoup aidé sur ce point. Avec sa zen attitude il m’a permis de diminuer énormément ma pression. Mis à part les quelques glouglous dans le ventre du début de matinée, pas le moindre stress négatif. Je ne me suis occupée que de moi, je suis partie à mon rythme avec l’objectif que je m’étais fixé d’atteindre le plus rapidement possible le Chapeau de Gendarme pour m’envoler dans la descente et arriver le plus tôt possible pour ne pas faire attendre mes proches venus m’encourager.
Est-ce que le Mont Ventoux a de l’importance  dans ta carrière ?
Courir sur le Ventoux représente beaucoup pour moi. C’est d’abord mon point de mire quotidien, un peu comme d’autres regardent les étoiles, la lune ou le soleil. Avant 2007, à part quelques footing de bien-être, je ne savais pas ce qu’était le cross-country, les courses de montagne, le trail. Je les ai découverts en tombant par hasard sur un flyer du Grand Raid Dentelles Ventoux. La perspective de courir 100 km entre Dentelles de Montmirail et Mont Ventoux, m’a fait rêver et a été l’élément déclencheur de mes débuts en trail. Le Ventoux est un excellent terrain de jeu de part la variété de sol, la dureté de l’effort qu’il demande pour accéder au sommet. J’ai participé trois fois au trail du Ventoux organisé par Serge Jaulin.
Tes projets à venir ?
Je serai au départ des trails des Châtaigniers, de la montée de l’Aubisque et si mon emploi du temps me le permet de celui de Beaumes de Venise. Je terminerai ma saison par les Templiers. Ensuite ce sera la période hivernale où je tenterai de conserver pour la troisième année mon titre de championne de Vaucluse de cross country et faire honneur sur la saison des cross à mon club l’USPA le Pontet. En 2013, je me lancerai sur le Challenge des courses de montagne, sur lesquelles je compte bien progresser encore. Il n’est jamais trop tard ! Je serai également au départ de quelques trails et en particulier de celui du Ventoux dont les organisateurs me font l’honneur d’être la marraine.