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Fantastiques duels au Trail de Faverges

Le Trail de Faverges Icebreaker accueillera demain l’un des plus beaux plateaux Français de cette première moitié de saison avec le Trail du Ventoux il y a un peu plus de 2 mois qui avait vu Patrick Bringer s’imposer de belle manière.
De vrais duels en perspective avec des coureurs très en forme puisque chacun est prêt pour les échéances à venir que ce soit du côté des Championnats du Monde, pour le Marathon du Mont Blanc ou autre défis estivaux.

UNE COURSE À SUIVRE EN LIVE ICI

Sur le Maratrail :

Hommes :
• Favoris : Patrick Bringer sera en pôle position. Essaieront de lui tailler des croupières son jeune coéquipier Nicolas Martin ainsi que les prometteurs Clovis Dalban-Moreynas, Aurélien Dunand-Pallaz et Stéphane Ricard.
Sans oublier bien évidemment Maxime Durand, Emmanuel Gault, Nicolas Pianet, Ludovic Pommeret et un Greg Vollet plus qu’affuté qui pourrait faire exploser la course dès les premiers kilomètres.

• Outsiders : Christophe Boebion, Ivan Bourgeois, Aurélien Brun, Sébastien Camus, Fabien Chartoire, Emmanuel David, Pascal Giguet, Franck Gorry, Arnaud Perrignon, Thomas Saint-Girons, Frédéric Thérisod et Franck Vulliez.

Femmes :
• Favorites : Christel Dewalle et Stéphanie Duc. Caroline Chaverot ou encore Sylvaine Cussot ont le potentiel pour compléter le podium.
• Outsiders : Rachel Bontaz, Claude Chenal, Aline Coquart, Patricia Joris, Bénédicte Paturel, Marie-Laure Pavot et Sandrine Tournay.

Duel entre Stéphanie Duc et Christel Dewalle

Sur le Maratrail, 4ème manche du TTN, on focalisera d’abord son attention sur l’épreuve féminine, dominée par le « combat fratricide » opposant deux des icônes de la course nature hexagonale, issues du même team, en l’occurrence « Team Terre de Running Ronhill » : Stéphanie Duc, 38 ans et Christel Dewalle, 30 ans.
Leur parcours est sensiblement différent. La Beaufortaine a un long passé de cycliste avant de performer sur le trail courte distance, décrochant l’an passé le titre de championne de France après avoir été 3ème en 2011. Quant à la Rochoise, ce n’est seulement qu’en mai 2011 qu’elle découvre la course nature, s’illustrant en premier lieu sur km vertical où elle portera le record mondial à 36’48 (19 octobre 2012 à Fully).
Toutes les deux ont pour point commun de manquer d’expérience sur le long. Stéphanie ne l’étrennera qu’en juillet 2012 à l’occasion de la 6000D où elle se classera 2ème à 10’ de Maud Gobert. Cette saison, elle aura tiré son épingle du jeu sur le 68km des Gendarmes et Voleurs, se permettant le luxe de distancer définitivement Laurence Klein dès le 30ème km, et ce sur un parcours relativement roulant alors qu’elle est avant tout une grimpeuse. Ce fait d’armes retentissant lui permettra de porter pour la première fois les couleurs de l’équipe de France, en disputant les Mondiaux de trail à Conwy (Pays de Galles) le 6 juillet.

Ayant quatre trails long à son actif en 2011-2012 (dont deux victoires acquises sans grande concurrence), Christel a franchi un pallier cette année en remportant de belle manière le 46km du Ventoux, reléguant à plus de 34’ la prestigieuse Maud Combarieu. En outre, la Haut-Savoyarde pulvérisera le record de l’Ultra Montée du Salève.
Parallèlement, elles accumuleront les victoires. Trois pour Stéphanie : Duathlon d’Albertville, Dynafit X3 Courchevel, 68km des Gendarmes et Voleurs de Temps pour Stéphanie. Sept pour Christel : Foulées Blanches des Brasses, 46km du Trail du Ventoux, Ultra Montée du Salève, 35km du Trail des Allobroges, Grimpée du Ruisseau, Verticale du Môle, et bien sûr l’apothéose aux Championnats de France de courses de montagne.
Une seule fois, elles se rencontreront, lors du 27km des Cabornis où Stéphanie (2ème),  précédera de 5’ Christel (3ème), souffrant ce jour-là du tendon d’Achille.
Alors bien malin qui peut prédire celle qui prendra demain la succession de la Valdôtaine Francesca Canepa. « La partie n’est gagnée pour personne » clame sans ambages le Stéphanois Eric Legat (Team Terre de Running Ronhill), célèbre ultra-fondeur coachant depuis cette saison Stéphanie, qui ajoute : « Je sais que Stéphanie est très impressionnée par Christel. Mais je lui ai aussitôt dit qu’elle m’impressionne tout autant que Christel. Je pense que ma protégée se gardera bien d’attaquer au départ sa rivale, privilégiant le choix de rester en sa compagnie le plus longtemps possible. Après, tous les scénarios sont envisageables… »
On accordera pourtant un léger avantage à Christel pour avoir été éblouissante au Ventoux et surtout aux France de montagne, réussissant ainsi l’un des objectifs majeurs de sa saison : la qualification pour les Championnats d’Europe. Ce qui fait sa force, c’est qu’elle est capable  de se surpasser sur n’importe quel type de course. Son potentiel, ignoré par son propre  entraîneur qu’est Pascal Balducci, semble sans limites…
En outre, elle risque d’être plus fraîche que Stéphanie qui n’aura bénéficié qu’une journée et demi de récupération à la suite de son stage à Chalmazel dans la Loire avec l’équipe tricolore, qui s’est tenu du dimanche midi 9 au jeudi midi 13.
La sociétaire du VEO 2000 La Plagne dispose pourtant de multiples cartes maîtresses :
– Sa prestation au Grand Trail du Limousin où elle aura fait forte impression sur une distance qui lui était pourtant inconnue.
– Ses énormes qualités de grimpeuse.
– Sa capacité à appliquer aveuglement les consignes de son mentor.
– Son mental d’acier.
– Sa détermination, sa rage de vaincre, qui sont sans faille, d’autant plus qu’elle vise principalement cette saison le TTN, et ce dans l’optique de disputer les Mondiaux de trail en juillet 2014 en Italie. Eric Legat le confirme : « Stéphanie ne sacrifiera certainement pas le TTN, et donc Faverges, fut-ce pour des Championnats du Monde au Pays de Galles qui ne constitueront que du bonus. »
De toute façon, même seconde, Stéphanie n’en fera pas une maladie, surtout derrière cette extra-terrestre qu’est Christel Dewalle. Un autre pour qui cette place ne le décevrait pas est son coach qui n’oublie pas d’où vient son élève, déclarant : « En réalité, 2013 est un peu une année charnière. Passer en effet du trail court au trail long ne s’opère pas du jour au lendemain. Il faut emmagasiner de l’expérience, tant en entraînement qu’en compétition, sans oublier de bien s’entourer. Enfin, il y a une kyrielle de nouveaux paramètres à gérer dont bien évidemment l’alimentation. En somme, cette année doit lui prouver qu’elle dispose des qualités requises pour s’aligner durablement sur ce type de format. »

François Vanlaton