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Grand Raid 2012 : quelques réactions (1/2).


Quelques réactions des protagonistes de cette 20ème édition du Grand Raid de La Réunion, qu’ils aient terminé ou pas, avec pour commencer, Kilian Jornet, Arnaud Lejeune, Erik Clavery, Karine Herry, Michel Lanne et Nicolas Fortineau.
La suite demain avec Emilie Lecomte, Antoine Guillon, Christophe Le Saux, Maud Combarieu et Seb Talotti.
Kilian Jornet Burgada (Salomon) / vainqueur en 26h33min.           
« Les premiers kilomètres ont été dur, physiquement ça allait, mais je m’endormais, à cause du voyage en Malaysie et du décalage horaire.
Nous sommes partis vite, Iker imposait un rythme soutenu, et nous avons rapidement pris des distances avec les autres coureurs, seul Michel Lanne nous a suivi pendant un certain temps. Il faisait très froid avec la pluie pendant les 6 premières heures.
Puis vers 11h, il faisait chaud et en altitude à nouveau froid.
Les différences de température sont difficiles pour l’estomac et ont rendu la course plus difficile.
Au cours de la nuit j’ai pensée m’arrêter pour dormir une heure, mais heureusement que Iker était là, il a du s’arrêter après, il n’arrivait plus à manger….c’est dommage j’aurai aimé que l’on finisse ensemble.
Je suis alors parti seul, j’avais 1heure d’avance, j’ai pu gérer, profiter des paysages, des gens qui m’encourageaient et ne pas pousser les limites de mon corps pour rejoindre l’arrivée.
C’est une saison incroyable pour moi qui se termine.
La Réunion est un paradis pour le Trail Running. C’est l’équivalent du football en Espagne. Les gens viennent de partout voir la course, l’ambiance est incroyable, j’adore La Réunion et tous les gens qui vivent ce sport avec passion ».

Arnaud Lejeune (Hoka) / 3ème en 29h39min
"Au départ, au Cap Méchant, l’objectif était d’être finisher de la Diagonale des Fous. C’est ce que j’ai réussi à faire sur une course extrêmement difficile, très technique. J’étais loin d’imaginer que j’allais autant souffrir….
Au final, 3ème sur le podium avec Kilian et Antoine, je n’ai pas l’impression d’être à ma place, j’ai dû mal à réaliser, c’est incroyable ce qui m’arrive…"
Karine Herry (Lafuma) / Abandon à Maïdo.
J’aurais envie de titrer : “la folie aurait-elle changer de camp” ?
« Nous avions quitté les organisateurs de la “Diagonale des Fous” en 2011, sur un vocable de rassurance vis à vis des 50% d’abandons, et sur “l’absence d’inquiétude à avoir concernant la distance et le dénivelé à parcourir en 2012”…
Mais lorsque 50 coureurs seulement sont arrivés après 39 heures de course du Gd Raid , avec des images de traileurs atteints dans leur corps et leur esprit, comment pourrons nous croire encore au dernier bastion censé protéger les ultratraileurs de tous leurs excès ?
Plus que jamais l’heure semble sonnée de poser les limites à nos dérives et à nos banalisations d’exploits à outrance… »

Erik Clavery (Asics) / 4ème en 30h06min           
« C’est sans aucun doute la compétition la plus difficile à laquelle j’ai pris part jusqu’à aujourd’hui. Nous savions à l’avance que le profil de course allait être difficile, mais les conditions météos alternant pluie, froid, chaud, soleil ont ajouté de la diffculté à la course. Elle a d’ailleurs été marqué par de nombreux abandons, notamment chez les "favoris".
Pour ma part, j’ai fait dans l’ensemble une bonne course, même si j’ai été handicapé sur toute la montée du volcan par des nausées. Rattrapé par Antoine, j’ai pu reprendre un bon rythme et faire une bonne deuxième partie de course. Le final était très difficile avec cette répétition de difficultés entre Rivière des Galets et La Redoute ».
Michel Lanne (Salomon) / Abandon à Mafate.
« Pour les 20ans du GRR, je m’attendais à une course hors du commun à tous points de vue et ce fut le cas. Un plateau hallucinant, une météo qui a fait des ravages chez les coureurs, un parcours aussi magnifique que difficile, et un public encore plus présent et chaleureux que jamais. Pour ma part, j’étais en excellente condition physique et mentale pour affronter ce parcours. Les sensations étaient extraordinaires et je sentais que je pouvais faire une belle course. Je suis resté très prudent en début de course, sans chercher à accrocher à tout prix le wagon Espagnol. Mais dans la traversée de Mafate, j’ai été pris de diarhées, vomissements et fièvre qui m’ont terrassés en quelques heures. J’ai d’abord cru à un énorme coup de chaleur mais c’est un bon gros virus que j’ai attrapé sur l’île qui a eu raison de ma santé. J’ai été au bout de moi-même, et même un peu plus loin. Mais merci à tous les Réunionnais pour leurs encouragements et leur chaleur ».
Nicolas Fortineau / abandon au pied du Taibit (62ème en 2008)
« Un trail de malade, de fou.
Des conditions vraiment extrêmes. Au départ on se dit que c’est pas grave, on est la pour ça, c’est certainement ce que l’on vient rechercher. On ne va pas faire demi tour pour une simple pluie ! Le temps passe, on fait de plus en plus attention, il pleut depuis 8 heures. On marche et on court dans des trous d’eau. Je n’ai jamais vu ça et je n’ai toujours pas vu les beaux paysages tant convoités de La Réunion.
Malheureusement je me suis arrêté sur blessure aux quadris, due certainement aux trombes d’eau qui ce sont infiltré dans les muscles.
Je n’ai jamais eu ça auparavant. J’ai essayé de continuer après Cilaos mais c’était trop dur».

Recueilli par Fred Bousseau