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Grand Raid Réunion – Pascal Blanc se réserve pour le grand RDV…

Pascal, à un mois du départ du Grand Raid, comment te sens-tu ?

Je n’ai jamais eu autant de pression et j’avoue que ça complique les choses. De plus, les nombreux changements de vie de ces derniers temps ont gommé beaucoup d’automatismes. Physiquement j’ai quelques soucis depuis mon entorse du mois de mars, des adaptations se sont mises en place et ça fait un peu bricolage. Côté fraîcheur, ce sera sans doute mon point fort cette année. J’ai peu couru et je me suis réservé pour le GRR ce qui peut être intéressant en fin d’épreuve.

Que s’est-il passé sur la TDS à Chamonix? (abandon sur la TDS)

Dès la première descente sur la Thuile, j’ai été incapable de suivre le rythme, je n’avais aucune amplitude au niveau du bassin et lorsque j’essayais de forcer la foulée, j’avais de violentes douleurs dans le bas du dos et la jambe droite. J’ai essayé de me détendre mais la descente sur Bourg St Maurice a été très compliquée. Les douleurs au niveau du bassin ont été permanentes. Au ravitaillement, je suis passé en mode rando, j’ai pris mon ravito pour toute la course pour qu’ Anne Guillon puisse suivre pleinement la course de son mari.
J’ai profité de ce massif si impressionnant jusqu’au col du Joly. N’avançant plus, pris par le froid, je n’avais plus de plaisir et j’ai décidé d’arrêter là. Avec du recul, je pense que je n’étais pas prêt pour cette épreuve, je suis venu inconsciemment pour prendre la claque dont j’avais besoin. En tout cas ça m’a fait un bien fou de passer quelques jours avec mes copains du team et staff Lafuma, on est une vraie famille.

Quel est ton programme jusqu’au Grand Raid ?

Jean Claude Banfi a établi un programme très précis. Habituellement, il me donne juste les tendances mais là j’ai besoin d’être épaulé. J’ai aussi beaucoup de sollicitations médiatiques. Ici, le sport est un sport majeur. Jusqu’au GRR je mets entre parenthèses mes projets pour l’année prochaine qui me prennent une énergie et un temps considérables pour me préparer mentalement et énergétiquement. Sinon fin Septembre je vais animer un stage autour du GRR organisé par Yanature (organisateur du Dodo trail) à Maurice.

Pour le 20ème anniversaire, le plateau sera particulièrement élevé, comment envisages tu ta course ?

Ce serait une erreur d’envisager une adaptation de la course en fonction du plateau. Je sais ce que je dois faire mais je ne sais ce que les autres peuvent faire, alors ma course se fera selon mes capacités sans me soucier du classement… au moins jusqu’au Maido.

Kilian Jornet grand favori, battable ou imbattable sur ce parcours ?

Je ne sais pas mais je pense que s’il n’a pas de défaillance, ce sera compliqué d’aller le chercher.

Le parcours a été d’ailleurs revu avec une montée impressionnante au Maïdo, que peux-tu nous dire sur ce nouveau tracé ?

La gestion de course sera déterminante. Parce qu’il faut être capable d’aller vite dans Mafate et aussi après la montée. La descente est très rapide et très longue, il faudra être costaud dans tous ces secteurs et la course n’est pas finie…

Vivre à La Réunion est pour toi un avantage, vois-tu la différence sur tes entraînements, tes performances ?

Pour l’instant, il est trop tôt pour le dire, la performance sur un Ultra implique tellement de paramètres. Je ne suis pas sûr d’avoir passer la période d’adaptation nécessaire. Une chose est sûre c’est qu’ici c’est le top pour un coureur. Les terrains sont top, la nature magique et les gens sportifs. Tout le monde connait le Grand Raid ici et le trail a pris une plus grande importance dans ma vie, je ne m’y attendais pas vraiment. Aujourd’hui j’ai du mal a connaitre les bénéfices ou inconvénients sur la performance. Une chose est sûre c’est que je suis heureux ici !

Recueilli par Laurent Valette