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Isabelle Jaussaud de retour dans son « océan de verdure »

Isabelle Jaussaud

D’abord internationale en ski de fond, puis en course en montagne et encore récemment en trail, où en 2010 elle avait remporté les Templiers avant de décrocher la 11e place lors des mondiaux 2013, Isabelle a connu des mois de galère liés à une blessure. Désormais apte à renouer avec la compétition,  elle effectuera dimanche son retour à l’occasion du Marathon des Burons, parce qu’elle apprécie l’Aubrac où l’an passé elle avait gagné le Trail des Capucins. Toutefois, contemplative il lui importera avant tout de s’immerger dans : « Cet océan de verdure ». Tout un programme.

Isabelle, quelle était la nature de ta blessure ?

Je souffre d’un hygroma du genou. C’est similaire à une bursite. On appelle également cela maladie du carreleur. Pourtant, je ne travaille pas à genoux et je ne prie pas non plus. En fait, il s’agit de l’inflammation d’une bourse séreuse contenant le liquide synovial, qui par voie de conséquence empêche une bonne contraction de l’articulation. Cela a commencé à l’époque des mondiaux. Pour finir, j’avais dû serrer les dents. Ensuite, je suis restée des mois sans courir. Là, je me sens mieux et je vis avec, parce que je m’entraîne différemment. Plus je travaille en intensité et plus l’œdème se développe. Par contre, en endurance je parviens à contenir son évolution. Selon mon médecin une ponction ne suffirait pas à résoudre le problème. Il faudrait en passer par la chirurgie. Ce qui nécessiterait un arrêt de travail. Aussi, comme je n’ai plus de gros objectifs, car à 47 ans j‘estime que le haut niveau c‘est terminé, je ne me vois pas passer sur le billard pour cette raison. Une intervention chirurgicale n’est jamais anodine. Donc, j’ai décidé de vivre avec cette pathologie, puisqu’elle ne me gêne plus et ne m’empêche pas de courir des footings.

Mais dans ces conditions n’est-il pas paradoxal de privilégier le marathon à un 19 km ?

Non. Néanmoins cela reste un défi. Ce qui m’inquiète sur le Trail des Capucins, c’est le rythme. Cela va vite et à mon âge, consécutivement à ma longue période d’arrêt, j’ai énormément perdu au niveau du rythme. Je ne tiens plus l’allure et je préfère courir plus tranquillement, mais plus longtemps. De mon point de vue c’est moins traumatisant et pour moi le plus important reste de me faire plaisir. Malgré tout, je vis dans le flou le plus complet. Je ne sais pas ce qu’il va se passer. J’espère simplement retrouver de bonnes sensations, profiter du parcours et des gens que je vais rencontrer. Au fond, je ne veux pas subir. Ce que je n’aurais pas manqué de vivre sur le Trail des Capucins. De plus, l’an passé j’aurais dû courir le Marathon des Burons. J’avais été contrainte de renoncer, car à ma surprise j’avais été sélectionnée pour les mondiaux de trail. Donc, proche de cette échéance, je m’étais reportée sur le 19 km.

D’autres motivations ne te poussent-elles pas à revenir ?

Oui. L’an passé j’ai découvert une région que je ne connaissais pas et qui me transporte. J’adore cet océan de verdure. C’est magnifique. Cela me change des Alpes beaucoup plus accidentées et très minérales. J’aime allier ma passion pour la course tout me laissant envoûter par un environnement dépaysant. Egalement, je me sens plus à l’aise sur les rassemblements populaires tel l’Aubrac, où tout le monde peut participer, car l’organisation propose un large choix de compétitions. Il y en a pour les enfants, les femmes, les aguerris et les néophytes. Bref, je suis bien dans ce microcosme, où l’on partage l’effort et où l’on échange dans la simplicité. Attention populaire ne signifie pas absence de confrontation. Chacun à son niveau donne le meilleur de lui-même.  A l’inverse, même si à une époque j’ai été devant, je ne me sens plus à ma place sur les épreuves, uniquement tournée vers l’élite, où cela ne cause que de sélections et de performance stricto sensu.

Recueilli par Christophe Rochotte

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