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ITW de Benoît Laval après sa victoire au Grand Duc

Il fallait être sacrément motivé pour terminer cette 24e édition du Grand Duc ce dimanche 30 juin ! Plus de la moitié des 313 partants en solos sont arrivés « non classés ». Abandons et dépassements horaires ont battu des records, soit près de deux fois plus qu’en 2012. La pluie, tombée sans discontinuer la veille, avait en effet rendu le terrain piégeux. La victoire n’en avait par conséquent que meilleur goût. Pour sa troisième participation, Benoît Laval (Team Raidlight) gagne en 10 h 09 mn 48 s, devançant Denis Beaudoing (Club Ski alpin de Villard de Lans) de 34 secondes et Jean Burnet (CMBM) d’une minute.

Benoît Laval, comment vous sentez-vous après ces 80 km dans la boue ?

Plutôt bien. J’ai pas eu trop de difficulté à m’endormir (rire).

Beaucoup ont trouvé que c’était une course particulièrement compliquée cette année. Les abandons et les dépassements horaires ont été conséquents. Comment l’avez-vous ressentie ?

Le Grand Duc est de toute façon réputée pour être une course difficile. Les abandons sont toujours nombreux. La Chartreuse est un massif escarpé, avec des montées raides, des descentes raides, des sentiers étroits, larges de 15 cm, où on a tout juste la place de mettre les pieds, il y a aussi beaucoup de passages en dévers, etc. Cette année, on a eu droit en plus à pas mal de sommets emblématiques : La Ruchère, le Petit som, la Pinéa, Chamechaude, ce qui rend le parcours difficile, car tout en relances, sans arrêt. Et c’est vrai, avec toute la pluie tombée la veille, que le terrain était gras, très gras. La boue était collante. Il ne fallait pas oublier les bâtons, dimanche, surtout pour aborder la montée à la Pinéa – un des pires passages. Mais ce que j’ai aimé, c’est que l’organisation a su nous faire sortir des sentiers battus pour nous faire passer sur des voies peu empruntées. Comme à Chamechaude, par exemple, il y avait un joli petit passage que je ne connaissais pas.

Etiez-vous préparé physiquement et le fait d’être familier de ce terrain de jeu vous a-t-il aidé pour gagner la course ?

L’expérience, c’est bien, mais ça ne vous fait pas courir vite si vous n’êtes pas entraîné. Je n’ai repris l’entraînement que depuis six mois, après deux années où j’ai dû faire relâche.

Six mois, c’est court, mais j’ai couru comme prévu. J’ai surtout évité de partir vite et j’ai couru lentement dans les montées. Je savais que j’allais le payer sur mes concurrents, mais je devais le gérer comme ça. A la Ruchère, j’avais 9 minutes de retard sur les premiers. Il fallait que je compense dans les descentes. J’ai repris 3 minutes, puis reperdu 4 minutes. A la Pinéa, j’avais 10 minutes de retard et à l’Emeindras, j’étais encore à 4 minutes des premiers. Mais je savais que c’était le moment ou jamais pour attaquer. J’y suis allé à bloc sur les dix derniers kilomètres, rattrapé mes 4 minutes dans la descente, passé Burnet à la moitié et Beaudoing à 3 kilomètres de l’arrivée. Je l’ai pas montré, mais j’étais aussi cuit qu’eux ! Ma seule crainte, c’était de me choper des crampes et ne pas finir. Quand vous m’avez croisé près de l’arrivée, j’étais effectivement épuisé, j’avais tout donné.

Que représente cette victoire pour vous et savez-vous déjà comment Raidlight s’investira avec l’Office du tourisme de Saint-Pierre sur la 25e édition, l’année prochaine ?

Cette première place me tient particulièrement à cœur. C’est quand même le Grand Duc ! Et puis, ces sommets, c’est ce que je vois de chez moi… Il y a une petite fierté à les avoir conquis. Pour l’année prochaine, il serait bien sûr légitime que Raidlight s’engage sur cette édition anniversaire, mais on n’en a pas encore discuté. En attendant, je vais continuer à m’entraîner, quatre fois par semaine, plus des courses que je planifie en fonction de mes déplacements en France ou à l’étranger. Je ne suis pas sûr finalement de courir la Tor des Géants. En revanche, je ferai la Speedgoat (ndlr : 50 km, 3 500 m D+, limitée à 350 coureurs), aux États-Unis, près de Salt Lake City, le 27 juillet. Il y a du beau monde là-bas ! K. Jornet ou T. Lorblanchet l’ont déjà courue.

Nathalie Mathieu