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ITW de Dawa Sherpa : «c’est comme un pèlerinage »

Dawa Sherpa est engagé ce jeudi sur le grand parcours de l’UTAT (Ultra Trail Atlas Toubkal) où il sera confronté au redoutable espagnol Oscar Perez Lopez, vainqueur du Tor des Géants 2012 mais aussi du Grand Raid Occitan, de l’Ultra de l’Andorre et de nombreuses autres courses, sans oublier Sébastien Nain et sans doute quelques outsiders étrangers.
Ce parcours de 105km pour 6500m de D+ est très technique avec des passages à plus de 3000m ; Dawa Sherpa sera aussi l’un des favoris de cette épreuve, qu’il avait abandonnée l’an passé (déshydratation) après une saison magnifique avec entre autre le Restonica Trail, la Transju’trail, la TDS®, Courchevel X-Trail, le Grand Raid des Pyrénées (80km)…
Tu réalises une très belle saison, comment l’expliques tu ?
Je pense que mes séjours en altitude en début d’année m’ont permis de bien préparer la saison. Je suis parti à la course des 3 Vallées au Népal où j’ai passé presque 3 semaines à une moyenne de 3500 m d’altitude, puis j’ai enchaîné avec les Volcans de Java en Indonésie avec là aussi une altitude moyenne autour de 2500 m.
Sinon, l’expérience est importante, sur les courses, je reste régulier, j’ai appris à gérer mes ravitaillements, et d’ailleurs j’apprends toujours au fil des années.
Sur la TDS® cette année, je n’ai jamais suivi le rythme des premiers, j’ai fait ma course ; je n’aurais sans doute pas gagné si Pascal (Blanc) et Antoine (Guillon) n’étaient pas partis aussi vite.
Pourquoi as-tu décidé de limiter tes courses à environ 100 km ?
Ce n’est pas que je n’étais plus capable de courir plus de 100 km ni que je récupérais mal, mais c’est aussi pour dire NON aux organisateurs qui n’ont plus de limites dans les distances. C’est actuellement une surenchère continuelle à celui qui fera la course la plus dure et la plus longue.
Il ne faut pas non plus commencer par des courses de 100km ou plus, on peut et on doit se faire plaisir d’abord sur des 50km ou des 80km ….qui ne sont pas des « petites » distances.

Tu avais été victime d’un coup de chaud sur l’UTAT en 2011, pourquoi reviens-tu ?
Je trouve que la course est très belle, que les paysages sont superbes mais j’ai aussi eu de bons contacts avec les populations Berbères du Haut Atlas. C’est un peuple qui est un peu comme les « Sherpa » au Népal. L’an passé j’aurais peut-être pu finir mais c’était pas raisonnable, j’avais des crampes et j’avais peur de me blesser…il faut savoir écouter son corps. Aujourd’hui je suis là pour partager ces moments avec les organisateurs, les autres coureurs présents et les gens qui m’accueillent et faire une belle course.
Quelle vision portes-tu sur ce type de courses ?
C’est peut-être un tournant pour des coureurs, le trail devient comme un pèlerinage. Il y a plein de choses, de cultures à découvrir dans le monde et c’est un moyen de s’enrichir des autres… Avant, je ne connaissais pas le monde Arabe ni la religion Musulmane, j’ai voyagé pendant plusieurs jours dans le Haut Atlas, je suis allé manger chez les Berbères, ce sont de grands moments de partages et de convivialité. C’est cette richesse que l’on vient aussi chercher ici.
Par Fred Bousseau