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ITW de Julien Chorier, "c’est un peu les J.O du Trail"

Ce vendredi 31 août à 18 h 30 à Chamonix, Julien Chorier sera au départ de l’UTMB®. Un des ultra-trails les plus prestigieux au monde, long d’environ 168 kilomètres et d’un dénivelé de 9600 mètres. Le Savoyard du team Salomon, fait partie de la dizaine des trailers considérés comme favoris. A quelques jours du départ ils répond à quatre questions.
Pour quelles raisons l’UTMB® est un des objectifs majeurs de ta saison ?
L’UTMB® est pour moi le premier ultra trail au format 100 miles en Europe qui a su mettre en avant ce type d’épreuve. Du coup sa notoriété fait venir les meilleurs athlètes mondiaux de la discipline. Pouvoir se confronter sur cette épreuve est vraiment quelque chose d’exceptionnel. Il ne faut pas non plus oublier le caractère unique du Mont Blanc et de son histoire liée à celle de Chamonix. Ces lieux mythiques de l’alpinisme sont en train de devenir également des lieux mythique du trail-running. Être présent et bien figurer sur cette épreuve représente un peu les J.O du trail et un podium a une saveur spéciale. J’ai déjà eu la chance de la goûter et je vais tout faire pour essayer de récidiver.
Quels souvenirs et bilan de tes autres participations à l’UTMB® ?
J’ai pris 3 fois le départ de l’UTMB®. L’édition 2008 fut la meilleure avec une belle course gérée avec beaucoup de retenue pour finir à une inespérée 3ème place derrière un nouveau du trail : Kilian Jornet et Dawa Sherpa. En 2009, je me suis bien préparé, mais un grand nombre de petites erreurs d’avant et début course m’ont poussé à l’abandon à bout de force à Vallorcine. En 2010, c’est la météo qui nous a joué des tours. Après de nombreuses hésitations, j’ai repris le départ de cet UTMB bis le samedi de Courmayeur. Après être revenu sur la tête de course dans Bovine, je me suis fait dépasser par Mike Wolfe et Jez Bragg dans la montée des Tseppes. Je n’ai pas trouvé la motivation pour me relancer et essayer d’accrocher. Je sors définitivement du podium dans les derniers kilomètres quand Zigor Iturrieta Ruiz me double après la Tête aux Vents.
Comment abordes-tu cette édition ?
Avec François D’Haene, Andy Symonds, Anna Frost, Greg Vollet et Félix Dejey, on a fait mi-juin une reco super sympa. Nous avons découpé ce tour du Mont Blanc en 3 étapes : Les Contamines Bertone, Bertone Champex et Champex Chamonix. L’occasion de partager nos expériences et de faire un bon bloc de volume. Globalement ma préparation s’est bien déroulés. J’ai d’abord passé un bon séjour de deux semaines à Val Thorens pour faire du dénivelé positif. Je l’ai ponctué par le trail de Frison Roche à Arêches et le Km vertical de Val Thorens. Ce dernier a été pour moi l’occasion d’un premier essai sur ce type d’effort. Pour achever ma préparation à l’UTMB, je suis parti en Corse, rencontrer mon objectif de l’automne, le GR 20, avec mi-octobre la traversée non-stop et une tentative de battre le record de 32 h 54 mn. J’ai reconnu avec Guillaume Peretti les 2/3 du GR. Trois jours sous les fortes chaleurs à découvrir des paysages à couper le souffle suivis de séances de plage en famille pour la récupération. Il me reste à gérer une période difficile pour moi, l’attente et le repos de cette semaine. Vivement vendredi soir.
Quelles sont les difficultés de l’UTMB® ?
Les difficultés sont nombreuses et commencent par la gestion de l’alimentation de la dernière journée et le départ à 18 h 30 suivi d’une nuit complète sur les sentiers. Il faut rester concentré pour bien suivre le chemin et de ne pas faire de chute. La nuit permet de vraiment se focaliser sur ses sensations et son effort. Ne pas oublier les problèmes causés par les changements de conditions climatiques, l’alimentation et l’hydratation sur presque 24 heures, j’espère un peu moins cette année ! En plus le tracé est très exigeant avec de nombreuses parties où il faut avoir la capacité de relancer. Elles nécessitent de garder de l’énergie. Ne pas négliger non plus l’ensemble des ascensions qui cumulent presque 10000 m de dénivelé positif.
Photos Robert Goin