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ITW de SCOTT JUREK : "la pression n’est pas une excuse"

Rencontre avec « Mister » Scott Jurek, de passage en France. Nous avons pu partager avec lui une séance de skating sur le plateau des Glières (74) en compagnie de Seb Chaigneau ; une activité qu’il maîtrise parfaitement.
L’Américain de 38 ans affiche un palmarès rêveur, même s’il a échoué 5 fois à l’UTMB®, terminant une seule édition à la 26ème place en 2009.
Parmi ses principales victoires, on peut retenir qu’il est triple vainqueur du Sparnathlon en Grèce, il a gagné la Hardrock en 2007, s’est imposé 2 fois sur la Badwater et 7 fois sur la mythique Western States 100 miles
Il est actuellement vice-champion du Monde de 24h (Brive 2010) avec 266 km au compteur (nouveau record US).
Trails Endurance Mag : pour quelles raisons es-tu en France actuellement ?
Scott Jurek : Je suis pour 15 jours à Annecy, mon amie travaille en Free Lance pour Salomon aux Etats-Unis, elle s’occupe du design de produits pour le ski, le running et le lifestyle. J’en ai profité pour l’accompagner et j’occupe mes journées pour m’entraîner en course à pied mais aussi faire du ski de fond. Je suis allé courir dans le Mont Veyrier et au Semnoz, cet endroit me rappelle Green Mountain à Boulder où j’habite maintenant.
T E M : comment planifies tu ton entraînement l’hiver ?
S J : Tout d’abord, je stoppe la course à pied pendant un bon mois en fin d’année. Pendant cette période, je fais juste 1 ou 2 petits footing par semaine ce qui me fait parcourir une vingtaine de kilomètres hebdomadaire. Je pratique le yoga pour me relaxer et aussi le ski de fond, ça me permet de changer, c’est un vrai plaisir et ça me détend psychologiquement.
T E M : A quelle période reprends-tu l’entraînement ?
S J : Je recommence à courir début janvier avec 6 entraînements par semaine, j’ai besoin d’un jour de repos par semaine pour reposer mon esprit et mon corps. Il faut se ménager et écouter son corps pour ne pas se lasser, pouvoir tenir dans le temps et ne pas « exploser ». Mon entraînement est composé que de course à pied, de PPG et de relaxation, je ne fais pas de vélo, ni d’autres sports.
Je m’entraîne 1 fois par jour entre 2 et 4 heures et je fais entre 200 et 220 km par semaine, j’adapte mon entrainement en fonction de mes envies, je peux aussi m’arrêter admirer le paysage, prendre des photos…
Je m’astreins à une séance par semaine sur piste pour travailler ma Vo2, sinon, je fais mes entraînements en montagne, il m’arrive parfois de mixer 2h sur les sentiers et finir par 1h30 de course sur un parcours plat sur route.
Lorsque j’arrive en pleine saison, au mois de Juin et Juillet, il m’arrive de faire une sortie hebdomadaire un peu plus longue (7 ou 8 heures) …. et pour trouver le temps moins long, j’y vais parfois avec Anton Kupricka qui habite aussi Boulder.
T E M : Quels sont tes objectifs 2012 ?
S J : Cette année 2012 sera particulière pour moi puisque j’ai écrit un livre qui sortira en Juin prochain (« Eat and Run »), je vais donc être occupé par sa promotion aux Etats Unis. Avant cette échéance, je participerai à l’Ultra Trail du Mont Fuji au mois de Mai au Japon et peut-être au Leadville Trail en Août, je ne serai pas cette année au départ de l’UTMB®.Le gros objectif de ma saison sera le Championnat du Monde de 24h qui aura lieu au mois de septembre en Pologne, ou j’aimerais pourquoi pas faire un podium (voir mieux – sourire) et essayer de battre mon record en essayant d’approcher la distance de 270 à 275 km sur cette durée.
T E M : Tu as presque tout gagné sauf l’UTMB®, que manque t-il aux Américains pour réussir ?
S J : L’UTMB ® est une course difficile, il faut se remettre du voyage et s’habituer à la culture européenne et française. Pour réussir il faudrait peut-être venir plus d’un mois avant la course et s’entraîner dans les Alpes. Je l’ai fait une année, mais j’avais fait le Tour du Mont Blanc deux fois avant la course, c’était trop et le jour J j’ai eu mal au genou ! La pression et le stress ne doivent pas être des excuses, j’ai l’expérience de grandes courses difficiles aux Etats Unis et je suis en mesure de gérer cela. Un Américain pourra sans doute gagner un jour cette course s’il se prépare spécialement pour cet objectif, pour l’instant les coureurs ne sont pas là où on les attend ! Aux Etats Unis les épreuves sont difficiles et nous n’avons pas l’habitude de courir avec tout ce matériel obligatoire… mais c’est le règlement.
Recueilli par Fred Bousseau.