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Karine Baillet – nouvel exploit

Après 8h d’efforts ce dimanche entre Folkestone et Boulogne, Karine Baillet a touché son but : être la première femme à traverser la Manche sur 3 moyens de transports différents. Wakeboard en 2006, funboard en 2007, c’est en kayak cette fois que la Touquettoise a vaincu le Channel.

100 ans après Louis Blériot, la championne de raid a rendu à sa façon un hommage à son illustre prédécesseur. Partie de Folkestone à 12H39 heure française, Karine se lance dans une mer assez formée à bord de son kayak de compétition Norte Top de 6,40m de longueur et 46cm de largeur.
Avançant à une moyenne d’environ 6,25 km/h, avec des courants contraires et en fin de traversée des courants porteurs, Karine boucle les 27500 nautiques (environ 50km) vers 20H45. Le palmarès de la multiple championne de raid multisports de Nature s’enrichit d’une nouvelle ligne.…

Confidences de Karine à son arrivée
Karine, quels ont été les moments forts de cette traversée?
Déjà la ligne de départ, de Folkestone, quand j’étais dans le kayak prête m’élancer.
Avant d’être là, il a fallu tout organiser : les autorisations, la sécurité, prendre le Shuttle la veille, amener les kayaks, arriver dans l’hôtel, négocier de les déposer ( j’en avais prévu 2, un de course et un plus stable) dans l’hôtel pour ne pas se les faire voler la nuit, trouver un moyen d’embarquer les personnes accompagnantes à bord du bateau alors qu’il ne peut accéder au bord ou au port car il n’y a pas assez d’eau… Il y a toujours des choses à gérer, de la débrouillardise à mettre en œuvre avant d’enfin pouvoir y être !

Il y a aussi le moment où j’étais à peu prêt au milieu du Channel. On met du temps à quitter et ne plus voir les côtes anglaises. Au milieu, on se retrouve sans les apercevoir, on se sent vraiment loin de tout, avec une sensation d’immensité, de grande étendue, sous un soleil magnifique, c’était super joli ! Il y a tout de même un peu de vie: des mouettes, poissons, des bateaux, nous sommes même passés près de Tankers… J’aime ce moment, je crois que c’est ce moment là que j’ai recherché lors de mes 3 traversées.

Un autre moment marquant a été l’approche des côtes Françaises, où je voyais en point de mire le Cap Gris Nez. Entre le moment où je l’ai aperçu et le moment où je l’ai passé, il y a eu au moins 2 heures, on a l’impression qu’il est tout proche et finalement il n’arrive pas vite. Mentalement il faut s’accrocher…

J’ai adoré aussi la navigation près des côtes Françaises, la mer était calme, le courant favorable, j’ai pu me faire plaisir en glisse avec mon bateau. Les 10 derniers kilomètres, je n’avais plus à me concentrer pour ne pas me retourner et j’ai donc pu pagayer librement…

As-tu ressenti des différences avec les autres traversées ?
Les 3 traversées de la Manche que j’ai vécues ont été uniques, chacune avec des conditions météo totalement différentes et donc des sensations différentes.
En wakeboard en 2006, lors de la première, je découvrais la Manche. On a eu du mal à arriver à Douvres avec le bateau tellement la mer était formée. J’ai réalisé la traversée de Douvres au Touquet en 2H30 sans tomber dans les vagues, je les descendais avec mon wake au surf, la corde se détendait puis elle se tendait brutalement quand le bateau me tractait à nouveau… Physiquement, cela avait été quelque chose, j’avais l’impression que mes bras faisaient 2 mètres à l’arrivée tellement j’avais tiré sur le palonnier. Une super expérience…
La 2° en Planche en 2007, c’était dingue ! Avis de coup de vent, des vagues de 6 à 8 mètres, interdiction de navigation de plaisance par le préfet ! Le bateau suiveur n’a pas pu traverser tellement c’était gros, j’ai réalisé la traversée de Wissant à Folkestone (1H15) et de Folkestone à Wissant (1H30) dans des conditions dantesques, sur une planche de vague de 2, 50 et une voile de 4, 5mètres carrés, un souvenir grisant ! J’y avais aussi croisé pas mal de tankers !
Et cette 3° complète le duo : un plan d’eau plus calme, un effort plus de concentration pour ne pas me retourner, de gestion d’effort des 8 heures, j’ai pu profiter plus longtemps du paysage. C’était encore une traversée magique…
A chaque fois, je ressens le même émerveillement. Le Channel est très étroit, mais à un moment quand tu ne vois ni les côtes anglaises, ni les françaises, tu as la sensation d’être dans une mer lointaine. Oui, la Manche fait rêver et ce n’est pas pour rien qu’on célèbre les 100 ans de l’exploit de Louis Blériot.

Au lendemain de cette aventure, comment te sens-tu ? As-tu déjà en tête une nouvelle traversée ? D’autres objectifs ?
Oui, c’est ce qui me motive ! D’autres projets… La Manche, j’y reviendrai certainement avec un autre sport ! J’en pratique tellement que c’est sympa, peut être en kite !
J’ai aussi mon programme de courses Nature, avec une cyclosportive le week-end prochain 160 km.