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K. Jornet dompte l’Aconcagua

K. Jornet dompte l'Aconcagua

Après une première tentative infructueuse le 20 décembre dernier à cause de vents violents au-dessus de 6500m d’altitude qui l’avait fait renoncer, Kilian Jornet a réussi – hier dans la soirée pour nous Européens (le 23 décembre 2014) – à gravir dans un temps record l’Aconcagua (6.962m), en Argentine, surnommé « Le colosse de l’Amérique ».
Jornet porte la marque référence pour cet aller-retour à 12h49, en suivant la voie normale, pour effectuer près de 60km (59,85 exactement) et avaler 3 962m de dénivelé positif et négatif.

« Je suis très heureux de ce nouveau défi. C’était dur, spécialement après la barrière de 6.500m où j’ai souffert de l’altitude. Après tout, c’est aussi de ces moments de joie et souffrance dont on se souvient » a déclaré Kilian a son retour.

Retour sur l’ensemble des records de Kilian Jornet ICI

Hier, les conditions météo étaient favorables et Kilian a réussi l’ascension de l’Aconcagua, le sommet le plus haut d’Amérique (6 962 m). Le défi majeur de cette ascension était l’altitude, le sommet frôlant les 7 000 m : « Nous avons passé près de deux semaines sur place, mais peut-être que nous aurions dû en passer davantage pour être encore dans de meilleures conditions. L’Aconcagua n’est pas aussi technique que d’autres sommets déjà effectués dans le cadre du projet, mais c’est le plus haut gravi à ce jour. »

Gardant la même philosophie que celle adoptée pour les autres sommets, Kilian Jornet a décidé de débuter l’ascension au dernier endroit habité : la maison des gardes du parc de Horcones (2 900 m). Il part à 6 heures du matin, après avoir avalé trois tartines de dulce de leche – une spécialité argentine – pour son petit-déjeuner.

23 km et 1 400 m de dénivelé positif le séparent alors du camp de base de l’Aconcagua, Plaza de Mulas (4 300 m), distance qu’il parcourt en 3h15. C’est ici que la majorité des expéditions débutent l’ascension, jalonnée par les différents refuges, et pouvant durer jusqu’à 4 jours. En arrivant à Plaza de Mulas, Kilian s’arrête 15 minutes pour boire et manger. De là, il poursuit son ascension jusqu’au sommet : « Mon idée était de monter tranquillement, en essayant de me préserver pour la descente. J’ai donc décidé de m’arrêter, de me reposer et de récupérer pour la partie suivante. »

Kilian atteint Nido de Cóndores (5 550 m) cinq heures après son départ. De là partent les derniers kilomètres qui permettent d’arriver au sommet. Mais avant cela, il lui faut monter 1 463 m de dénivelé positif et passer la barrière des 6 500 mètres. « À partir de là, j’ai commencé à ressentir l’altitude. J’avais des problèmes d’équilibre et je n’arrêtais pas de glisser sur la neige gelée. J’ai donc décidé d’avancer doucement, en sachant qu’il me restait encore un long chemin à parcourir. » Kilian arrive à Cueva del Guanaco, frôlant les 6 600 mètres, en 7h40, puis enfin au sommet, à 6 962 mètres, après 8h45 d’effort. Il fait une pause de quinze minutes au sommet : « J’en ai profité pour reprendre des forces avant la descente. Le sommet, c’est le point culminant de tout le travail accompli les jours précédents. J’ai également pu apprécier la vue incroyable que l’on a de là-haut de la face sud de l’Aconcagua ! »
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Mais il reste encore à Kilian à descendre, comme il l’explique lui-même : « J’ai souffert de l’altitude jusqu’à Plaza de Mulas. Je continuais à perdre l’équilibre : on aurait dit que mes muscles ne voulaient pas suivre ma tête et me faisaient trébucher. En arrivant au camp de base, je me suis arrêté pendant vingt minutes. J’ai mangé et je me suis bien hydraté. Je me suis senti mieux. De là, il ne me restait que de la descente jusqu’à Horcones, où j’ai enfin pu courir avant de finir en marchant un bon moment. » Kilian arrive à Plaza de Mulas en 10h10, à Horcones après 12h49 d’effort.

Pour ce défi, Kilian était accompagné de son amie, la coureuse de montagne Emelie Forsberg, et des caméramans Seb Montaz et Vivian Bruchez, également responsables de la sécurité. Emelie Forsberg était présente au départ et à l’arrivée à Horcones, après avoir renoncé à essayer de battre le record féminin. De leur côté, Seb Montaz et Vivian Bruchez se sont installés au-dessus de Nido de Cóndores (5 500 m) pour filmer l’ascension. Seb Montaz : « J’ai vu Kilian souffrir à partir de 6 500 m. De toute façon, j’ai vu qu’il était tout à fait conscient et déterminé à atteindre son objectif. De notre côté, nous ne pouvons pas être plus fier de la façon dont les choses se sont déroulées. »

Kilian Jornet explique de son côté : « C’est un projet d’équipe. Je suis très heureux d’avoir pu partager ces deux semaines avec Seb, Vivian et Emelie. Nous avons préparé ce défi ensemble et nous nous sommes organisés pour filmer. J’aimerais remercier toute l’équipe pour les efforts fournis ainsi que tous ceux qui ont suivi notre projet depuis différentes régions du monde. »
Cette ascension ultra-rapide du sommet sud-américain était l’avant-dernier de son Challenge « Summits of my life ».
La dernière étape sera l’ascension du Toit du Monde, l’Everest, prévu au printemps 2015.

A ce propos, retrouvez une interview exclusive de Kilian dans le prochain Spirit Outdoor N°5, où il revient en détail sur ce projet final (en kiosque et en commande le 3 janvier prochain).