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L’équipe de France « à coeur ouvert ».

Equipe de France de Trail 2015

Une semaine après les Championnats du Monde de Trail 2015 à Annecy, quelques membres de l’équipe de France ont accepté de se livrer à cœur ouvert pour évoquer leurs satisfactions et leurs déceptions….

Retour complet sur les Championnats du Monde 2015 ICI – compte rendu, photos, réactions classements

=> Nicolas Martin (7ème en 8h41’01’’) : « conforme à mes objectifs »
Nicolas Martin - Championnats du Monde de Trail 2015
« Je garderai des souvenirs exceptionnels de cette aventure humaine, c’est surtout ça dont je me souviendrai le plus longtemps. J’ai toujours rêvé de représenter mon pays.
Sur la course en elle même, sur le papier, c’est conforme à mes objectifs (classer l’équipe et top 8 mondial, un chrono autour de 8h40). Dans les détails, je suis un peu déçu d’avoir connu un gros passage à vide que je n’explique pas réellement tant les sensations ont été bonnes avant et après. Seul regret, ne pas avoir pris les bâtons dès Doussard ! »

=> Fabien Antolinos (11ème en 9h01’51’’) : « Je suis très déçu »

« Je suis très déçu sportivement et personnellement de ma prestation sur ces Championnats du Monde. J’attendais mieux en terme de sensations et de résultat au regard de mon investissement pour cette course et pour l’équipe de France.
Les satisfactions viennent de mes capacités à terminer et à affronter cette journée difficile sans jamais renoncer et douter d’arriver au bout, mais aussi du résultat par équipe et de cette aventure qui se termine sur la plus haute marche du podium avec une Marseillaise que beaucoup de gens auraient aimé vivre.
Je pense que l’épreuve a donné une image positive du trail au niveau du décor, de l’organisation et du spectacle offert par les coureurs »

=> Maud Gobert (7ème en 10h33’25’’) : «ça fait mal de prendre 1h dans les carreaux »

Maud Gobert - Championnats du Monde de Trail 2015« La fête a été belle pour toute l’équipe Samedi, une chose est sûre, tout le Monde a donné le meilleur de soi-même pour rallier l’arrivée coûte que coûte. J’ai une pensée pour la pétillante Juliette et Seb qui ont dû stopper leur course afin de ne pas mettre leur santé en danger.

Aujourd’hui, après 3 jours de recul et un genou droit qui me fait souffrir, je me dis que je regrette d’être allé doucement au départ, mais je ne pense pas que j’aurai pu tenir le rythme, à moins de jeter l’éponge à Doussard ! Honnêtement, devant, ça allait vraiment vite, et je tire mon chapeau aux guerrières….je me suis attachée à mon classement pour l’équipe.

Ma tactique de course n’a certainement pas été la meilleure, car d’habitude je pars plutôt vite, mais j’ai fait ce choix pour tenir et arriver au bout de ce grand rendez-vous. Anne-Lise, Caroline et Nathalie ont livré une belle bataille.
Ce qui me fait le plus mal, c’est de me «prendre» 1h dans les carreaux !!! »

=> Sylvaine Cussot (32ème en 11h43’28’’) : « il était hors de question d’abandonner »

« Bien évidemment, je suis très frustrée et déçue de ne pas avoir pu m’exprimer avec l’intégralité de mes capacités physiques sur ce grand rendez-vous. Cela faisait plusieurs semaines que je tentais de me soigner en espérant pouvoir disputer ce championnat (j’ai déclenché des lésions sur les muscles fibulaires, tendons, suite à de trop nombreuses torsions de chevilles pendant l’ultra fiord en Patagonie et mes chevilles se tordent au moindre caillou), mais la veille, je savais qu’il faudrait un miracle pour que ces blessures me laissent tranquille …

Dès la première ascension, les douleurs sont apparues. J’ai donc dû composer avec et serrer les dents pour supporter la douleur. Mais il était hors de question d’abandonner tant que je tenais sur mes 2 jambes. Pour mes proches qui étaient venus me supporter et pour faire honneur au maillot et à la sélection. Donc je suis allée jusqu’au bout tant bien que mal et en restant prudente pour ne pas empirer mon cas. Quand je me rends compte que je ne suis qu’à 30 minutes de la 15ème place, la déception est encore plus grande, c’est certain ! Mais j’essaye de relativiser. J’ai donné le maximum dans ces conditions et je ne regrette pas d’avoir emmené le maillot jusqu’à l’arrivée. Et puis je suis heureuse pour l’Équipe de France (hommes et femmes) qui a assuré dans tous les classements ! »

=> Caroline Chaverot (2ème en 9h33’21’’) : «plus facile d’être le chasseur que le gibier»

Caroline Chaverot et Nathalie Mauclair - Championnats du Monde de Trail 2015.JPG« Mon sentiment est mitigé. Joie d’avoir réalisé une vraie performance, avec un chrono dont je n’aurais pas osé rêver et d’avoir le titre de Vice-Championne du monde et pour le titre par équipe. Joie encore d’avoir été en forme, au rendez-vous, et de n’avoir pas connu de défaillance sérieuse pendant la course et de la belle densité du trail Français et du sérieux avec lequel on a préparé ces championnats.

Déception de n’avoir pas gagné, alors que je commençais à y croire, puisque j’ai mené la course l’essentiel du temps. Quelques regrets sur ma stratégie de course, puisque je n’aurais peut-être pas dû prendre si tôt la tête et la garder si longtemps. Il est plus facile d’être le chasseur que le gibier… »

=> Nathalie Mauclair (vainqueur en 9h30’59 ») : « un mot pour résumer : émotions »

« Pour moi un seul mot résumé ces championnats du monde, c’est émotion
Emotions dans les moments partagés à l’entraînement avec l’equipe de France en avril et surtout avant et après la compétition
Émotions sur le parcours tellement il y avait d’encouragement pour l’équipe de France
Émotions sur le podium avec la Marseillaise….
 »

=> Julien Rancon (19ème en 9h21’47’’) : «une très grosse déception…et de bons moments partagés»

« Concernant mon sentiment sur ma performance aux championnats du monde, cela reste bien évidement une très grosse déception et encore pas mal d’inconnues concernant cet échec. Je vais plutôt essayer de retenir les bons moments partagés avec les copains et copines de l’équipe, le staff , les proches  et les médailles récoltées par la France que mon propre résultat sportif. »

=> Juliette Bénédicto (abandon) : «Je ne pouvais pas m’attendre à un miracle»

« Alors même si je suis déçue, je réponds : sur ma « performance » … évidemment un abandon, je ne vois pas DU TOUT ça comme une performance, même prendre le départ pour moi ça ne veut rien dire, l’important c’est quand même avant tout, d’aller au bout !!!

Je n’ai, encore une fois (comme l’an dernier), pas été capable de passer Menthon sur ce parcours si long avec des montées-descentes interminables … J’ai serré les dents depuis les premiers km où ma douleur à l’ischio (déchirure d’il y a un bon mois…) est revenue au galop, suivi dans les descentes d’une douleur au genou droit (tendinite au TFL, qui m’avait contraint à l’abandon l’an dernier). Puis sont apparues toutes les douleurs qu’on peut avoir après une telle distance parcourue…  bref faîtes du sport c’est bon pour la santé LOL.

Cela dit, je ne partais pas non plus confiante du tout, après un hiver aussi difficile, en enchaînant les blessures et avec le peu de course à pied que j’avais dans les baskets, je ne pouvais pas m’attendre à un miracle.

J’espère donc qu’un jour, avec une bonne préparation, je pourrais enquiller un parcours tel que celui de la Maxi-Race, parce que franchement, c’est un très beau parcours qui mérite d’être bouclé  ! »

=> Ludovic Pommeret (5ème en 8h33’07’’) : «les polémiques ne peuvent que s’estomper »

Ludo Pommeret - Championnats du Monde de Trail 2015« Je suis satisfait de ces championnats c’est une belle expérience que ce soit en stage ou en lors de la course. Chacun a une approche différente de la préparation et de la course mais le groupe était soudé et l’ambiance était excellente.
Il y a forcément une petite déception, repartir sans médaille est décevant, ma gestion de course n’a pas était optimale, et on a laissé 2 médailles individuelles aux Espagnols :o)
Le sentiment qui prime est quand même une grande joie pour ces résultats globaux, pour le niveau de cette course et pour l’ambiance avec du monde un peu de partout.

Enfin satisfaction sur le déroulement global de ces championnats avec un beau parcours varié, qui a du sens et qui donne du sens a ces mondiaux. En continuant dans cette direction, les polémiques sur le bien fondé de ces championnats ne peuvent que s’estomper.
Je pense que la course a été d’un excellent niveau et que cela va encore progresser. »
Rien de plus à dire, heureux d’avoir pu chanter 4 fois la Marseillaise en compagnie de cette équipe de France. »

 Par Fred Bousseau