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L’Ultra Champsaur, sous la lumière des Alpes du Sud

L’Ultrachampsaur vivra sa 3ème édition les 2 et 3 juillet 2011. Niché dans les Hautes-Alpes, terre de trail par excellence, la vallée du Champsaur est un fabuleux écrin pour la course en montagne. Et le tracé de l’épreuve tire tout le parti du territoire. L’itinéraire est enlevé et aérien, multipliant les promontoires sur les sommets des Ecrins et du Dévoluy, le lit du Drac, le Gapençais et le lac de Serre-Ponçon. Exigence et magie sont au rendez-vous de ce week-end de fête, sous la lumière des Alpes du Sud.

A Ancelle, tout commence le samedi, dans la cour de l’école, sur la placette de ce village station. Avec 300 concurrents sur les deux parcours, le rendez-vous est loin de la démesure. Et tout le village est mobilisé pour accueillir les coureurs, leur expliquer les caractéristiques du parcours et leur prodiguer les derniers conseils.

En 2011, le samedi sera riche en animation. Au premier plan, c’est la naissance d’un trail découverte, de moins de 20 kilomètres qui s’élancera de Saint Léger les Mélèzes, à quelques kilomètres de là. Objectif, respecter l’esthétique propre au 37 et au 67 km tout en proposant un parcours accessible au plus grand nombre. Et puis les organisateurs veulent créer une dynamique autour de l’épreuve et de la découverte du territoire. En partenariat avec le Parc des Ecrins qui englobe une partie de la vallée, une exposition autour de la faune et de la flore du sanctuaire sera proposé aux concurrents et aux accompagnateurs. Toujours sur ce thème, un jeu de piste familial et une projection cinématographique gratuite auront lieu sur le site, autour de la pasta party d’avant course.

Un parcours complet

5h30, dans une ambiance feutrée, les concurrents s’élanceront une nouvelle fois de la station d’Orcières 1850. Dès les premiers hectomètres, les ensembles immobiliers disparaissent du paysage et le parcours livre ses richesses les unes après les autres. Tout commence par les lacs d’altitudes sous la pointe des Estaris à la lumière naissante du jour. Puis s’enchaîne une traversée à flanc, jusqu’à 2700 mètres, dans une ambiance rocheuse.. ou neigeuse, suivant la persistance des névés. Arrivent ensuite les premiers points de vue, fuyant à l’horizon, du Drouvet et du Roc d’Alibrandes. Et le tracé se décline ainsi, dans une grande variété. Le sentier s’embarque dans une ascension folle, au-dessus de Pont-du-Fossé, au milieu des mélèzes, pour déboucher alors qu’on ne s’y attend plus sur une arête effilée. Le regard est happé par les nouveaux horizons. Ancelle est à quelques encablures, 650 mètres plus bas, mais on aperçoit aussi le Piolit, prochain obstacle majeur, presque à l’opposé.
Avant il faut parcourir l’arête, déchiquetée par un défilé de pierre. Une main courante opportune sécurise le passage. A quelque mètres le ravitaillement est là, et la bonne humeur et les encouragements de bénévoles sont au rendez-vous. Il ne reste plus que 29 kilomètres en grande partie dans la vallée de la Rouanne.

Le Piolit en juge de Paix

Le Piolit est une pyramide qui culmine à 2450 mètre d’altitude. De sa plate-forme sommitale, la vue est dégagée de toute part. A portée de main, le lac de Serre-Ponçon reflète la teinte azurée du ciel, le panorama est somptueux. Mais cette dernière ascension impose plus de 800 mètres de dénivelée aux concurrents et la rampe terminale est redoutable. Beaucoup d’entre eux atteignent courageusement le col de Chorges, persuadés que la bascule se fait à ce moment là. Ils restent interloqués en voyant sur leur droite le profil qui les attends : « Alors le Piolit, je tiens à porter une réclamation au concepteur du tracé !! C’est quoi ce délire ? J’ai bien du mal à trouver les jambes pour ramper jusqu’en haut de cette paroi verticale !! Je souffle, je peste, je ramasse mon poumon droit que j’ai recraché quelques mètres plus bas, je rampe jusqu’au sommet et arrivé en haut m’assoie. Par contre, quelle vue sur le lac de Serre-Ponçon !!»

Une course pour tous

En 2010, c’est un concurrent belge qui a terminé l’épreuve en dernière position. Insuffisamment entraîné, bien sûr, mais extrêmement déterminé, il a fini sous les acclamations des Ancellus, après plus de 15h d’effort. Parce que l’esprit de l’Ultrachampsaur est là : accueillir tous les concurrents dans le même esprit de convivialité et de partage, du premier au dernier. Et l’enthousiasme des bénévoles sur les 4 communes au coeur de l’organisation ne se dément pas. Ils sont plus d’une centaine à se déployer sur l’ensemble du parcours pour faire partager aux coureurs leur amour pour la vallée et les soutenir dans cette longue épreuve. Fort du succès des deux précédentes édition et du plébiscite des coureurs, l’Ultrachampsaur attend cette année 500 concurrents sur l’ensemble du week-end.