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Qui peut battre Andy Symonds ? analyse et réactions…

Andy Symonds (Salomon) est désormais devenu le grandissime favori des courses sur lesquelles il s’engage… et le coureur à battre.
A l’aise sur tous les terrains, il a montré lors des trois derniers grands rendez-vous, (Ventoux, Sainte Victoire et Ardéchois) qu’il était au-dessus du lot.
On pourrait lui donner des surnoms de « Speedy Andy » tellement les vitesses moyennes sont élevées (11,5km/h au Ventoux, 11,14km/h à Sainte Victoire, 12,35 km/h à l’Ardéchois) ou encore de « King Symonds »  tant il exploite parfaitement ses capacités physiques, sa technique en descente mais aussi grâce à une bonne  intelligence de course, avec des succès toujours construits de la même manière depuis sa victoire aux Templiers 2011.
Andy est non seulement un redoutable compétiteur, mais également quelqu’un de très accessible, disponible et d’une gentillesse absolue.
Il fait partie des meilleurs mondiaux en ce début d’année 2012 et sera l’un des grands candidats à la victoire à La Transvulcania dans 10 jours.
Retrouvez un portrait de l’athlète Britannique dans Trails Endurance Mag N°93 (sortira fin mai), et en attendant quelques « experts » du Trails qui le côtoient, observent ses performances, ou courent avec lui, donnent leur avis.
=> Philippe Propage : entraîneur et sélectionneur équipe de France de Trail
« J’ai bien suivi la prestation de A. Symonds ce week-end sur l’Ardéchois ; j’ai vu Andy voler dans les descentes, et être très costaud dans les bosses, c’est là que ses qualités de coureur de montagne s’expriment le mieux et qu’il est capable de faire la différence. Je pense que sur des formats de courses de 4h à 5h avec du dénivelé, il est à ce moment de l’année un ton au-dessus. L’avenir nous dira si effectivement il est bien "l’épouvantail " annoncé ! »
=> Jean Michel Faure Vincent : Team Manager Salomon France
« Grande question en France sur ce début de saison (et fin de celle 2011), mais pour le battre, il faut comprendre pourquoi il gagne, c’est là surement le début de la "solution" »
Ses 10 points forts :
1 : RELAX : il prend du recul, court avec le sourire, en relâchement, et ne perd donc pas son énergie à faire la grimace du « warrior ».
2 : CONFIANCE : il en engrange un peu plus chaque week-end.
3 : ENVIE : son envie de courir pour découvrir de nouveaux horizons et rencontrer de nouveaux coureurs.
4 : MENTAL : un mental à toute épreuve : pendant la course, il relativise toujours et voit le bon côté des choses.
5 : PRÉPARATION : maintenant en France (en Provence), il a un terrain de jeu pour travailler les côtes, le dénivelé positif et négatif et les grandes sorties.
6 : ADAPTABILITÉ : grande faculté d’adaptation au terrain et aux conditions météos.
7 : PLANNING : un programme allégé en objectifs, qui respecte ses temps de repos et sa vie de famille.
8 : TECHNIQUE : une technique de descente qui en fait un de ses grands points forts, il descend en se relâchant donc en gardant sa vitesse et en s’économisant.
9 : CAPACITÉ : sa VMA, sa VO2 et son rapport poids/puissance.
10 : ÉQUILIBRE : son entourage, avec sa famille, ses enfants qui font son équilibre.
=> Ludovic Pommeret (Hoka – Altecsport) : 2ème à Sainte Victoire
« Pour moi, la réponse est assez claire, en ce moment en France personne ne peut le battre. En tous cas pas sur un profil de trail montagneux. J’ai fait un bout de chemin avec lui mais je n’avais de toute façon aucune illusion sur l’issue de la course. Je pense qu’Andy a une gestion de course intelligente et évidemment de très bonnes capacités dans tous les domaines du trail : montées descentes et relances. C’est un coureur agile sur les terrains techniques. Même si il n’est pas prétentieux, il a une bonne connaissance de ses capacités et il se fait rapidement une idée de celle de ses "adversaires". Il a une approche structurée de son entraînement et de ses objectifs. Difficile de savoir ce qui se passe lorsqu’il a une défaillance. A priori, il est assez fort mentalement pour rebondir mais depuis qu’il court par chez nous on n’a pas trop eu l’occasion de le savoir ! J’aimerais cependant bien avoir une confrontation avec Julien Rancon, que l’on a pas trop vu dernièrement (NDLR : Julien est en reprise après son opération du pied), mais aussi avec un Erik Clavery des grands jours. »
=> Jean Louis Bal : entraîneur
« A vrai dire je ne connaissais pas Andy Symonds avant les Templiers. Gagner les Templiers, surtout avec cette facilité en fin de course ne peut pas être le fruit du hasard. Il était intéressant de le revoir sur des formats plus courts. Andy a gagné quelques courses de 2h ce printemps sans spécialement impressionner, ensuite au Ventoux il récidive en l’emportant avec 10′ d’avance. Sur ce format il m’apparaît très proche de Julien Rancon mais il me semble que sa manière de courir est peut être un peu différente : Julien passe plus vite à l’offensive pour créer des écarts tandis qu’Andy me paraît être plus attentiste et doté d’un fort finish. A l’Ardéchois nouvelle course où Andy fait un trou important en fin de course alors qu’il était longtemps resté avec P. Bringer. Qui peut battre Andy en France ? Julien peut être, sur les formats de 3 à 5 h ; Andy apparaît difficile à contrer sur des distances supérieures ».
=> Didier Curdy : statisticien du Trail.
« La réponse va être assez courte : statistiquement et sur le papier, à ce jour il n’y a quasi personne en France qui peut le battre sur cette tranche de distances 40 à 70 km. Suivant les cotes j’en voie peut-être 3, au mieux 5 ….et encore ! Seb Chaigneau et Julien Chorier, mais les distances sont un peu trop courtes pour eux. Julien Rancon, lorsqu’il sera de retour de blessure. Thomas Lorblanchet et François D’Haene, au meilleur de leur forme. On aura déjà une idée de sa valeur mondiale à la Transvulcania ».
=> Serge Jaulin : organisateur du Trail du Ventoux
« Sur les distances entre 45km et 70km, il semble intouchable actuellement en l’absence de Julien Rancon toujours blessé. Andy c’est un mélange de  facilité et de préparation très sérieuse et très ciblée. Il est au top dans tous les domaines de la course, il mélange souplesse et puissance en obtenant un rendement aujourd’hui au-dessus de tous les autres et autre atout considérable, c’est un descendeur d’exception, il n’a pas eu à forcer son talent pour faire la différence dans ses dernières courses, mais dès que ce sera nécessaire, il exploitera ce talent à fond »
=> Patrick Bringer (Sigvaris) : 2nd à l’Ardéchois et entraîneur.
« Andy Symonds possède les qualités indéniables du trailer format « 50 miles » : patience, mental, puissance tout en étant très léger, qualités de descendeur ajoutés à une robustesse musculaire évidente. Il a peut être trouvé là les distances idéales pour lui et il semble d’ailleurs bien plus performant que sur les formats inférieurs. Les écarts qu’il génère sont importants et il finit ses courses très frais.
De là à dire qu’il est imbattable en France ? Comme tout le monde bien sûr que non mais…. Actuellement, il « surfe » sur une belle vague après une année marquée par la blessure, il est donc frais, plein d’envie et en totale confiance. Sa boulimie actuelle de courses lui permettra-t-il d’être aussi fort toute la saison ? D’éviter la blessure ? Nous ne sommes que début mai !
Celui qui le battra sera un trailer complet capable de le faire courir très vite sur le plat et d’être offensif en bosse tout en acceptant ses défis en descente. Qui est cet homme ? La course aux Canaries apportera un élément de réponse dans un contexte relevé et face à des trailers beaucoup plus frais que lui. Puis, il faudra confirmer sa domination « française » aux prochains Templiers . En tout cas, c’est une très bonne chose pour le trail français que d’avoir un tel athlète sur son sol, aussi attachant et discret que talentueux. Bonne chance à tous et la plus belle saison possible à Andy ! »
Recueilli par Fred Bousseau