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Tiranges : demander le menu (1/4)

Les 1ers entretiens scientificonviviaux du trail, dont Endurance-mag est partenaire, auront lieux à Tiranges le 7 mai prochain. Ils font partie d’un grand week-end festif autour du trail qui comprend aussi une conférence débat sur l’histoire et le devenir du trail (avec les organisateurs des Templiers et de l’UTMB, vendredi 6 mai au soir) ainsi que des trails ultra-techniques (75 & 25 km) ou des épreuves plus accessibles (trail 12 km et randonnée pédestre) le dimanche 8 mai.

D’ici l’évènement, nous vous proposerons en avant première et en 4 volets quelques uns des sujets que vous pourrez voir traiter à Tiranges. Tous ces sujets seront abordés dans le Hors-Série Trail d’Endurance-mag mais une large place sera donnée aux questions lors des entretiens scientificonviviaux du 7 mai. Les conférenciers seront aussi présents sur tout le week-end. Une occasion rare de pouvoir discuter longuement avec des spécialistes de différents domaines liés à la performance ou la santé en trail.

1.    Le surentraînement : causes et détection (conférencier : Jean-Claude Banfi*)
(*) Jean-Claude est coureur d’ultra-trail, Professeur d’EPS, titulaire d’un Master 2 en Physiologie du Sport, coach d’Antoine Guillon, Pascal Banc et Jérôme Challier, Accompagnateur en Moyenne Montagne, consultant sur le Garmin Endurance Trail et l’Oxygen Challenge.

La réalisation d’une course ou d’un entraînement entraine une certaine fatigue. Avec le temps et une phase de récupération, l’organisme récupère ses capacités et dans le meilleur des mondes possible, le niveau de performance remonte au dessus du niveau de départ. Si l’entraînement suivant arrive avant une récupération complète, le niveau de performance continue à baisser jusqu’à ce que l’athlète accepte de se reposer suffisamment. Il récolte alors le fruit des « efforts semés » et verra son niveau de performance remonter fortement. Ce type de surcharge peut être fait de façon subie ou volontaire. Il arrive cependant que cette belle mécanique théorique se grippe et que le niveau de performance reste bas, malgré une période de récupération conséquente. On parle alors de surentraînement.
Dans cette présentation, JC Banfi donnera les causes possible du dérèglement non pas climatique mais de la mécanique du coureur (en particulier en lien avec l’alimentation : glycogène, anti-oxydants, glutamine, …) et il donnera quelques pistes pratiques pour tenter de le débusquer ou, mieux, de le prévenir. Celles-ci font notamment appel à l’utilisation de tests de référence ou de l’utilisation de la FC (et sa variabilité). Il rappellera aussi que si le syndrome de surentrainement reste rare chez les athlètes occasionnels, le risque n’existe pas, surtout si vous êtes un dévoreur de chemin à l’emploi du temps bien rempli. Il vous incitera donc à vous poser les bonnes questions en ce qui concerne récupération et statut nutritionnel. Cela vous permettra dans tous les cas de réfléchir à votre programmation et de progresser dans l’optimisation du temps passé à l’entrainement.

2.     La récupération du trailer : pourquoi, quand, comment ?  (conférencier : Guillaume Millet**)
(**)Guillaume est coureur d’ultra-trail (3 fois dans les 6 premiers UTMB, 3ème Tor des Géants), membre du team Lafuma, Professeur de Physiologie du Sport à l’Université de St-Etienne, actuellement détaché à l’INSERM. Auteur de 3 ouvrages, de nombreuses publications (scientifiques et diffusion des connaissances vers le grand public), consultant trail et organisateur de l’Ultra-Techni-Trail de Tiranges depuis 10 ans.

Tout le monde connaît l’importance de la récupération dans une saison…. enfin, en théorie. En réalité, portés par notre envie de courir les chemins, nous avons vite tendance à oublier que la progression ne peut se faire sans ces phases de repos indispensables. Sans même évoquer le cas particulier des « addicts » à la course à pied, nombreux sont les trailers qui pensent qu’il faut s’entraîner régulièrement (ce qui signifie dans leur esprit : ‘le plus possible’) car ils pensent qu’il existe une corrélation entre le nombre d’heures passées à l’entraînement et les résultats. Or, ceci est sans doute vrai d’un point de vue statistique mais pas d’un point de vue personnel. Augmenter les charges d’entraînement n’est source de progrès que si la récupération entre les séances est bien gérée. D’un point de vue quantitatif comme qualitatif. Dans cet exposé, Guillaume Millet vous emmènera à découvrir ou plutôt à redécouvrir ce que l’on appelle aussi l’entraînement invisible : la récupération.
Il rappellera ainsi l’importance des périodes post-compétitive, en donnera le contenu recommandé à ses yeux (par exemple faut-il faire de la récupération active ou pas ?) et rappellera la notion de fenêtre métabolique qu’il convient de ne pas louper. Il insistera aussi sur la nécessité d’une coupure annuelle. Il évoquera aussi l’importance du sommeil dans la récupération avec quelques données scientifiques simples sur le sujet. Enfin, il évoquera les techniques qui, en dehors du sommeil et de la nutrition, permettent (au moins en théorie) d’accélérer la récupération afin de tenter d’y démêler le vrai des idées reçues.  
 
3.    Entraînement croisé, un plaisir à toutes épreuves (conférencier : Xavier Trémaudan***)
(***) Xavier est entraîneur 3ème degré à la Fédération Française d’athlétisme.

Varier les disciplines… Une idée séduisante pour éviter la saturation à l’entraînement, rompre avec la lassitude et éviter les excès des sorties longues. Enfourcher son vélo, sauter dans son maillot de bain, dévaler et grimper les pistes enneigées… sont autant de plaisirs de substitution. Dans son exposé, Xavier Trémaudan posera cette question simple : et si performance rimait avec plaisir ? Question pas si évidente au demeurant car les physiologistes et les entraîneurs s’accordent à dire que seuls les muscles spécialement entraînés permettent de tirer pleinement profit du geste de compétition. Bref, est-il souhaitable de compléter cette spécificité gestuelle par un entraînement croisé ?
Sans dévoiler le suspens (intenable) de la réponse, il convient de constater que quelques grands noms du trail utilisent cette méthode dite d’entraînement croisé. Puis Xavier Tremaudan en évoquera les intérêts potentiels pour la santé (c’est assez évident) et pour la performance (ça l’est moins). Il fera aussi état des résultats d’une enquête qu’il a conduite auprès de 767 coureurs d’ultra dans le cadre d’un mémoire d’entraîneur 3ème degré à la FFA consacré à ce sujet.