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Trail du Bugey – Quand l’élève manque de dépasser le maître…

Pour ce dernier week-end estival, les trombes d’eau ni même quelques flocons n’ayant guère épargné l’Ain, le Trail du Bugey n’aura pas eu le succès populaire escompté en dépit de son 10ème anniversaire fêté en grande pompe. Les trois distances proposées au départ de Belley, sa capitale historique, ont vu en effet 228 athlètes se classer contre 351 l’an passé. L’encombrement du calendrier n’y est pas non plus étranger, le tout proche Trail des Quatre Châteaux à Ambérieu l’ayant précédé par exemple de quinze petits jours seulement. Enfin, au regard des Alpes du Nord voisines, le territoire bugiste éprouvera toujours moult difficultés à bénéficier du même label.

L’éloge unanime des réactions émanant des trailers a certes redonné du baume au cœur à Stéphane Quenin, l’énergique président du BSP.

La poursuite infernale

Sur l’épreuve reine du 56km, accusant un différentiel de 1500m, la joute entre les deux prétendants au sacre fut haletante jusqu’à leur ultime foulée. Autre singularité, elle opposa deux hommes en tous points différents : d’un côté, un jurassien de 36 ans, accouru de Bois d’Amont à proximité des Rousses, n’ayant jamais cessé de vouer un culte irrépressible aux aventures au long cours ; de l’autre, un Annécien de 44 ans, étrennant cette distance dans l’optique de la Grande Course des Templiers qu’il disputera le 23 octobre prochain.
Pour le premier, j’ai nommé Lucas Humbert (Team Trail Annécime), fondeur mais surtout figurant en bonne place dans le panthéon hexagonal de la course nature : cette saison, lauréat du Tour de l’Oisans et des Ecrins, second du 72km de la Transjutrail et d’Un Tour en Terre du Jura ; mais encore vainqueur de l’Ultra 6000D 2010 et 4ème de la CCC 2009. Quant au second, Benoît Nave, ancien cycliste professionnel converti aujourd’hui au trail courte distance dont il a remporté l’an dernier le titre national chez les vétérans. En terminant dauphin, l’ostéopathe-nutritionniste du Team Asics aura accompli une prestation de toute beauté. Non pas à la mesure du nombre d’engagés, 44 en tout et pour tout, mais bien en rapport avec l’infinitésimal écart, à savoir 1’31, qu’il concéda au talentueux Humbert.
Filant à l’anglaise, celui-ci disposa au km10 de 2’30 d’avance sur l’apprenti, puis 3’30 au km32 après l’aller-retour à la Crête du Pela, toit du trail à 1152m, vaincue d’un jet au prix de 700m de dénivelée alors que la pluie redoublait de violence. Mettant ensuite à profit sur l’épilogue bien plus roulant sa pointe de vitesse (32’43’’sur 10km en 2010), Nave n’était plus loin de créer la sensation, comblant inexorablement son retard : 2’20 au km36, 1’15 au km42, 40’’au km49, enfin 25’’au km53.

Dans un mouchoir

A travers un décor apocalyptique où la fange transmua les chemins en toboggans, la trame atteignit alors son paroxysme. Dans un sursaut d’orgueil, Humbert prit la poudre d’escampette à 2km du but pour venir triompher de justesse en 4h26’53. Pour Nave, qui relégua à 18’30 son poursuivant immédiat, en l’occurrence Bruno Beaufils, militaire âgé de 35 ans affecté au 7ème Régiment du Matériel de Lyon, la victoire morale fut totale. Repoussant dans ses ultimes retranchements Humbert, il aura été capable d’accélérer sur les dernières 1h30, celles où bien souvent la décision s’opère sur la longue distance. Réussissant in fine son examen de passage pour le grand rendez-vous des Causses.

Chez les filles, la victoire est revenue à Hélène Garcia-Loubier (Aix Savoie Triathlon), 45 ans, auteur d’un cavalier seul. Déjà victorieuse cette année au Semi-Marathon du Mont-Cenis, elle franchit la ligne en 6h15’42, damant le pion pour 9’27 à l’autochtone Valérie Kieffer, du même âge.  

Quant aux 28km (500md+) et 16km (230md+), ils virent les Savoyards se tailler la part du lion : les Chambériens Martin Kuashev et Christine Denis-Billet, tous deux âgés de 39 ans, sur l’épreuve intermédiaire ; l’Aixois Samuel Caillet, 30 ans, sur le petit format. Sur ce dernier, seule la pistarde Anne-Sophie Vittet, 22 ans, licenciée à Lyon Athlétisme, sauva l’honneur de son Bugey natal.

François Vanlaton