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Trail du Gypaete : O. Morin et B. Paturel sur un même territoire

En dépit d’une participation à la baisse, la coïncidence avec le week-end de l’Ascension et un retard dans la communication n’y étant pas étrangers, le Trail du Gypaète aura fait consensus, les points forts se nommant accueil, balisage et parcours.
Autres prouesses, les succès en solo de Bénédicte Paturel, littéralement hors concours, et d’Olivier Morin, venant à bout de son ami François Lachaux. Quant aux frères Gabioud accourus de leur Valais natal, ils auront éclaboussé de tout leur talent le relais à deux.

L’épreuve individuelle longue de 72 bornes aura tourné jusqu’au 48ème à un palpitant mano a mano entre deux hommes qui se connaissent parfaitement pour avoir fréquenté l’illustre Faucigny Athlétic Club (FAC) de Cluses : Olivier Morin (Team Socquet Sports), 33 ans, et François Lachaux (Team + Watt Passy et Intersport Cluses), son aîné de cinq ans.
Dans la traversée de la station du Chinaillon, sur la commune du Grand-Bornand (km30), Lachaux ne disposait que d’une courte avance de 1min44s. Ecart qu’il se permettait de creuser sur la seconde difficulté de la journée, l’ascension de l’Aiguille Verte et ses 700m de différentiel particulièrement escarpés. Aussi, au Col de Sosay (km37), Morin accusait un retard de 7’ qu’il allait progressivement combler à l’approche de la Pointe d’Andey (km49), 3e écueil du parcours qui allait être fatal à Lachaux.  
Victime de vomissements à quelques 130m de dénivelée du sommet, celui-ci ne put s’opposer au retour de Morin qui profita de l’aubaine pour prendre définitivement la poudre d’escampette. Né le 26 octobre 1977 à Dijon, ce kiné témoigne ainsi de son indicible talent pour alterner avec bonheur deux disciplines aussi dissemblables que la course de montagne et l’ultra, où il avait notamment terminé à une remarquable 3e place sur celui de la Montée du Salève, le 9 avril dernier.
Quant à Lachaux, s’il put franchir la ligne en dauphin, c’est en repoussant les assauts successifs de ses deux poursuivants : l’autochtone Fabrice Papillon (Brizon), 37 ans, dans la descente d’Andey, futur 4e ; et surtout l’excellent Jurassien Frédéric Pasteur, 39 ans, revenu à sa hauteur au Lac Bénit (km57) mais lâché au bas de la dégringolade finale, grimpant néanmoins sur le podium.  

Chez les filles, la Rochoise Bénédicte Paturel, 36 ans, remporte la seconde victoire de sa carrière, un mois seulement après celle du Trail du Salève. Beaucoup plus facilement toutefois que sur la sentinelle Genevoise. Dominant son sujet quel que soit le profil du terrain, elle écarta peu avant la mi-course l’expérimentée Suzanne Perche, icône du FAC à 50 ans, dont l’alimentation et les chaussures lui auront posé problèmes. In fine, 56min séparèrent les deux traileuses.
Sage-femme de profession, de garde les trois jours avant le trail, Paturel, raideuse   occasionnelle, a rallié en début d’année le néo et dynamique Team Sport 2000 Epagny que viennent de renforcer il y a peu les prometteuses Karine Marguerettaz et Gaëlle Warczareck.
 
Enfin, le relais aura porté au pinacle les frères Jules-Henri et Candide Gabioud (la Fouly Trailers et Team Planet Endurance), respectivement âgés de 23 et 26 ans, et ce après un stupéfiant renversement de situation. Parti lors de la transmission du témoin (km30) avec plus de 27min de retard sur le Chamoniard et leader Sylvère Pruvost, Jules-Henri le récupéra dans l’ultime rampe conduisant au Lac Bénit pour le distancer à l’arrivée de près de 21min ! En déperdition, Pruvost, ayant pourtant le véloce Damien Vouillamoz comme coéquipier, rétrograda même en 3e position. Et ce au profit du charismatique Bertrand Mayol, personnage haut en couleur du Faucigny et associé à son camarade du Club Alpin Français de Cluses, Olivier Dubreuil.
Né le 27 juin 1987, l’Helvète Jules-Henri Gabioud pourrait bien être l’une des révélations de la saison, ayant déjà enrichi son palmarès d’un succès de prestige au Grand Raid 73 et d’un 3e rang au Trail du Salève. En attendant dimanche prochain le 58km des Allobroges, et un peu plus loin la CCC et le Tor des Géants.    
François Vanlaton