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Trail du Ventoux – François D’Haene maître du mont chauve.

On l’annonçait comme le premier sommet de la saison : le Ventoux aura (largement) tenu ses promesses. Et pourtant, ce matin, Sergio Jaulin avait la mine broussailleuse. Bien forcé qu’il est, une fois encore, de « shunter » le sommet. Neige pourrie, visibilité quasi nulle, la 8ème édition sera un rien raccourcie. Cela dit, il y a quand même de quoi nourrir la première manche du « Challenge Salomon Endurance ». Et la qualité du plateau promet  à elle seule une chouette empoignade. Confirmation, tant sur le 22 que le 40 km. Côté court, Ricky Lighfoot (GB) met le feu aux poudres. Seuls Grégory Vollet (2ème) et Roland Clavery (3ème), seront capables de limiter les dégâts. En tous cas, à la bifurcation du 15ème, le ménage est fait. A quelques encablures, un groupe de trois a suivi en partie le tempo. On y retrouve Christophe Mallardé et Ludo Pommeret, mais aussi François D’Haene, qui se précise de plus en plus comme un futur ténor, toutes distances confondues. On s’attendait donc à une sacrée castagne, et elle aura lieu, vers le 20 kilo, alors que Mallardé lâche prise. Un moment, Pommeret suit dans ces relances permanentes, versants sud. Une succession de buttes cardiaques sur lesquelles François D’Haene prend finalement l’avantage. Pour la petite histoire, les deux premiers du classement étaient à la Pierra Menta (ski-alpinisme), il y a huit jours à peine. Ce qui s’appelle avoir la santé !

Côté féminines maintenant, la course sera plus limpide encore. Comme l’an dernier, Anna Frost a décroché le court, où l’on retrouve aussi une Lisel Dissler rayonnante. Ses tracas physiques (aponévrose plantaire) semblent surmontés et ses nouvelles envies de trail lui ont ouvert un bel appétit. Quant à Sandra Martin, vainqueur du long, la maîtrise a été totale. Après sa seconde place de l’an passé, derrière Irina Malejonok (blessée), elle s’impose un peu plus comme l’une des sérieuses prétendantes du Challenge. A suivre donc…

Les heures ont donc passé et « Sergio », le manitou du Ventoux, a retrouvé le sourire. Au-delà des perfs, son épreuve est véritablement plébiscitée par les coureurs. « Début janvier déjà, les inscriptions avaient fait le plein. On se limite à 1200, même si le potentiel est aujourd’hui de 2000 coureurs. Mais ça ne nous intéresse pas. Ce n’est pas dans notre idée de faire du Ventoux une usine à pognon. » Il y a des phrases toutes simples qu’on aime bien entendre, non ?

Jean-Luc Mayé