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UTMB 2014 – la maîtrise de François D’Haene

En début d’après-midi, le Français François d’Haene s’est offert un doublé sur l’UTMB, après une première victoire en 2012 (sur un parcours tronqué). En 20h11:44, il réalise un nouveau temps référence sur le parcours, se rapprochant de la barre symbolique des vingt heures de course. Une deuxième victoire également sur Ultra dans sa saison 2014, après celle du Mont Fuji fin avril (JAP) – (lire l’article sur sa victoire au Mont Fuji ICI), et même une 3e de rang si l’on prend en compte son triomphe sur le Grand Raid de la Réunion, fin 2013 (lire la news avec photos et résultats de la Réunion 2013 ICI). Des stats affolantes qui en font désormais le maître incontesté de cette distance. On prend d’ailleurs à rêver d’une confrontation sur la distance avec Kilian Jornet

PHOTOS DE L’UTMB 2014 ICI

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Malgré les apparences de domination, François d’Haene expliquait avoir vécu une course très éprouvante. D’abord à cause des conditions de course de fin de soirée dernière et de la nuit, où des trombes d’eau se sont déversées sur les sentiers, les rendant difficilement « carrossables » pour la foulée des coureurs. « On aurait pu aller plus vite mais à certains endroits, c’était impossible de courir » expliquait le vainqueur. « On s’enfonçait dans la boue, les appuis étaient très instables, on était détrempé… ». Mais D’Haene a surtout dû affronter les à coups des deux seuls athlètes capables de l’accompagner au fil des kilomètres, ses équipiers du team Salomon, les Espagnols Tofol Castaner et Iker Karrera. Chacun à leur tour, les Ibériques tentèrent d’ébranler le longiligne coureur français. Mais le roc lillois tenait le choc. « A Courmayeur, Iker Karerra à mis une forte accélération. J’ai pu résister, mais Castaner, par contre, a eu du mal à digérer cet à-coup. Moi, je me suis efforcé d’amortir, de temporiser. J’étais pas mal, mais je me disais qu’on était qu’au 80e km, et qu’il restait un bon bout de chemin » raconte François. Derrière le trio, c’est un champ de bataille. Manu Gault avait abandonné assez tôt (Lac Combal), Fabien Antolinos (lire ICI son interview d’avant course) en faisait de même à Champex, les batteries vides, tout comme Luis Alberto Hernando(lire ICI son interview d’avant course) un peu plus tôt. Anton Krupicka, lui, se battait pour passer cette maudite barre des 130 kilomètres qui lui avait été fatale l’an dernier, mais était incapable de s’alimenter depuis le refuge Bertone (km 82). Des coureurs inattendus tels que Jason Scharlb (USA), Gediminas Grinius (LIT), ou Sondre Amdhal (NOR) en profitaient pour occuper les places d‘honneur.

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Inséparable, le trio de tête allait le rester durant la nuit. Au matin, de nouveau sec et rasséréné par « une belle nuit passée ensemble », François allait produire son effort. « Si je voulais faire la différence, c’était à Champex ou à La Fouly qu’il fallait tenter quelque chose. Car la suite était compliquée pour faire des écarts ». Une stratégie payante, mise en place finalement à La Fouly (km 108). Une foulée qui s’allonge, des adversaires qui cèdent, et une victoire qui se dessine. Mais toujours des doutes face à un éventuel retour de l’arrière. A La Forclaz, Trient ou Vallorcine, D’Haene s’inquiète toujours de l’écart avec ses poursuivants. Pour définitivement savourer dans les deux dernières heures de course.

« Le niveau entre nous était serré, ça c’est joué à très peu finalement » reconnaîtra D’Haene. A Vallorcine, l’écart de 35 minutes entre le Français et le duo espagnol qui faisait course commune semblait irrémédiable. Il le sera jusqu’à la Place du triangle de l’Amitié de Chamonix. Iker Karrera, visiblement plus en jambes que Tofol Castaner, ne voudra pas rompre l’union sacrée avec son compatriote, et l’attendra en haut de La Flégère. Les deux hommes finiront main dans la main, sur les deux places vacantes du podium. Ils devront encore patienter pour toucher le Graal. « Moi, j’ai mis deux ans à prendre mes repères sur la distance, à trouver vraiment ma voie, ce que je voulais vraiment faire… » glissera François d’Haene. Un athlète visiblement arrivé à maturité désormais. Comme le vignoble du domaine du Germain qu’il taille également depuis 3 années. D’ailleurs son prochain Challenge commence la semaine prochaine, avec les prochaines vendanges en guise de récupération active…

RÉSULTATS UTMB 2014OCC 2014 ICICCC 2014 ICITDS 2014 ICI

COMPTE RENDU UTMB 2014 ICI (course femmes)TDS 2014 ICIOCC 2014 ICICCC 2014 ICI

Luc Beurnaux