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Western States 100 Miles – Laval, malade, contraint à l’abandon

Si l’UTMB ne réussit guère aux coureurs américains, ces derniers peuvent en dire de même pour les Français engagés sur les différentes éditions de la Western States 100 Miles, course mythique de Californie. Seule Karine Herry avait réussi à bien y figurer, en terminant 2e en 2005. Le week-end dernier, Benoît Laval représentait les chances françaises sous la chaleur californienne, entre Squaw Valley et Auburn (100miles). Malheureusement, Benoît Laval est tombé malade en arrivant sur le sol américain, ce qui a compromis ses chances sur cette course, et l’a contraint à l’abandon. Voici ci-dessous son compte-rendu d’une course remportée par Hal Koerner en 16h24:55    et Anita Ortiz (18h24 :17) chez les femmes.

" Ma « non-course »…."

Réveil 3h samedi matin, plus de fièvre depuis hier midi, mais encore mal au crane en me levant, mais ok, je suis là il faut essayer.
Courbatures aux épaules et jambes dès le départ, je pars tranquille. D ailleurs a part les quatre premiers qui partent un peu fort, c est assez cool derrière, je suis entre la 10ème et la 15ème position, ça va même moins vite qu’au GRR ou l’UTMB. Et puis dés 15km j ai les jambes en vrac, je laisse filer, mais ca ne s arrange pas, et je marche/cours dés le 30ème km… Ensuite je pense encore finir pour finir, et puis j ai finalement bien du mal à rejoindre la 1ère route au 90ème km. Au fil des "aids stations", je vois les docteurs me regarder bizarre, même de demander de repasser sur la balance (le poids est mesuré au départ, puis a 6 ravitos, pour vérifier qu’on ne se déshydrate pas). Game over!

"La vision US du Trail…"

Mais je retiens pleins de bonnes choses, le Trail est différent de chez nous. Coté nature plus "poussé", et pourtant 25 ravitos de folie. Je ne sais pas qui a dit Trail=autosuffisance, mais ca ne vient pas d ici ! (je ne critique pas, je constate). Ravitos équipés en tonnes de glaçons au milieu de rien. Glaçons dans les bidons, sous la casquette, dans les poches des maillots, des shorts, le coureur US est climatisé ! Et les assistances, dignes du GRR, chaises pliantes pour passer la journée entière, et puis la glacière familiale. Rien à dire question logistique les Américains sont super équipés !

Et puis surtout des tonnes d encouragements, grosse ambiance !!!
 
Pour réussir ici (indépendamment de ne pas être malade…), il faudra courir a l américaine, et bien intégrer tout ce que les "aids stations" peuvent apporter, oublier nos habitudes plus autosuffisance.
Je pense que je reviendrais.

Côté parcours, chemin très roulant pour nous. J avais d ailleurs des chaussures de route, sans regret.
Chaud: oui, mais je craignais pire, presque tout le parcours est a l ombre de la foret, cela coupe quand même le soleil par rapport aux courses de désert. Mais chaud quand même.

Il faudra aussi que je me trouve un look ! Soit "torse nu", juste 2 bidons dans les mains. Soit le maillot type Harley Davidson avec tatouage et queue de cheval. Soit le profil sauveteur de plage. De toute façon, a courir avec leurs 2 bidons, ils sont tous tanqués comme des camionneurs, même les filles. Le format Antoine Guillon n’existe pas ici !!!

Conclusion:
une bonne expérience, enrichissante. Déçu bien sur, déçu d être tombé malade avant la course, parce que sans être a 100% il ne faut pas rêver sur 160 km. Mais c est la vie!


Retour sur mon abandon.

48h après la Western States, je pense vraiment que 80% de mon abandon vient simplement de la « grippe » que j’ai choppé après mon arrivée aux Us. Tout d’abord la fatigue du voyage, 9 heures de décalage horaire, la fièvre, et plutôt que de s’acclimater à la chaleur je recherchais la clim pour… dormir… ou plutôt somnoler 3 heures par nuit. Alors faire 160km en étant encore dans le pâté 24 heures avant… Était-ce le stress ? Je ne pense pas, ma fille a attrapé le même truc que moi juste après… Certainement un virus.

Leçons pour l’avenir.
Comme partout, il faut comprendre le terrain, le reconnaitre, s’acclimater… pour espérer être performant. (c’est la même chose quand on va à la Réunion, ou quand les Américains viennent en Europe…). Je repars plutôt confiant sur ce qui est faisable comme résultat.
 Je pense que je reviendrais !
Même si c’est dommage de venir jusqu’ici pour être malade, ce voyage a en tout cas été très enrichissant sportivement et professionnellement, à voir une approche différente du Trail. Sur le plan personnel, j’ai passé aussi une excellente semaine avec ma fille entre la belle ville de San Francisco, le Parc du Yosemite, etc… Le voyage reste très positif. La course à pied n’est qu’un prétexte à découvrir le monde.