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BE RUN 2017 – par Jacques Vince

Jacques Vince - BeRun 2017

Jacques Vince, (46 ans), marié, 2 enfants, professeur de physique-chimie à Lyon, sportif averti depuis de nombreuses années (VTT, trail, ski de fond, randonnée en montagne, natation…), s’aligne régulièrement sur les courses de la région ou en Corse (OCC, Saintélyon, Grand Trail Saint Jacques, Trail Napoléon…).
Des choix de courses réalisés pour allier à la fois le plaisir de découvrir une région en famille un week-end mais aussi de pouvoir avoir un regard différent au travers de la course sur un lieu tout en ayant un petit oeil sur le chrono.
Retour sur SON expérience 2017 à Be Run, ou il termine 38ème du 40km en 4h00’08 ».

L’annonce est trompeuse pour celui qui découvre le trail : « Annecy > Aix-les-Bains : 80 km / 40 km / 20 km ».
Mais tout trailer qui se respecte sait bien que la distance ne dit pas tout. Comme pour une campagne électorale démarrée tôt, il faut savoir tenir compte des aléas du terrain… Doubler la distance n’est pas doubler la difficulté si le D+ triple voire quadruple… C’est donc le cœur léger (mais triste) que je me retrouvais sur le « 40 » (950 m D+) après avoir pensé pendant quelques mois relier le lac d’Annecy au lac du Bourget (80 km / 3 850 m D+).
Lorsqu’un méchant virus vous met totalement hors-jeu dans la quinzaine précédente, il faut savoir renoncer pour espérer apprécier.
Bien joué : la satisfaction fut au rendez-vous alors que la version longue aurait sans doute ressemblé à la campagne d’un tout récent candidat de droite.

Une course à taille humaine

Cet Interlacs rebaptisé en Be Run Trail (lui-même partie intégrante de l’événement Be Fit qui propose aussi des formats route) avait tout pour me plaire : un secteur alpin que j’apprécie particulièrement, un parcours typé trail, un éloignement raisonnable Jacques Vince -BeRunde ma région lyonnaise qui permet de ne pas trop alourdir le bilan carbone que tout trailer ferait bien de surveiller… Et je n’étais pas au bout de mes (bonnes) surprises.

Je savais le parcours soigné et la course, avant d’être courue, avait toutes les apparences d’une « grosse machine » : un site internet très pro, une plate-forme d’inscription qui reprend celle des plus grandes courses, des participants de plus en plus nombreux au cours de sa courte histoire (c’est seulement la 4e édition)… Mais ces atouts peuvent parfois se transformer en inconvénients : trop de monde ? des files d’attente au retrait des dossards ? des bouchons sur les singles ? Dès mon arrivée sur l’esplanade du lac du Bourget, je compris que ce ne serait pas le cas : un combo professionnalisme de l’organisation et convivialité d’une course à taille humaine. Une équipe de bénévoles sympas et disponibles qui pour ne rien gâcher avait commandé une météo clémente.

Me voici donc embarqué à 7h45 dans la navette pour rejoindre le lieu de départ au Revard (Parking de Crolles) où nous attendent les restes d’un ravito alcoolisé (une petite rave-party qui s’achève doucement) : l’orga a vraiment tout prévu.
A 9h, tandis que les « ultra » ont déjà les cuisses qui chauffent depuis 4h (depuis Duingt) et après le briefing efficace de Christophe Aubonnet, nous voici un peu plus de 200 (mais pourquoi si peu ??) à prendre le départ, bien décidés à ne pas adopter le train recommandé par notre nouveau Président intronisé le jour-même.

Haribo, TUC et produits du terroir

Au regard du profil, ça devrait en effet beaucoup courir. Il s’agit maintenant de passer du roadbook (un modèle du genre au passage, pédagogique, transparent, humoristique) au terrain : un parcours souvent roulant (sur les pistes de fond du Revard), parfois technique mais toujours humide (jusqu’à la neige)…
Un début de course rapide puisque pour une fois je ne pars pas dans les derniers. Pas de pluie, même s’il faudra attendre de Be Run 2017quitter le Revard pour sortir des nuages, des jambes qui répondent plutôt bien au regard de ma préparation : finalement le seul contre-temps est l’oubli de mes éternels Dragibus qui seront heureusement remplacés par leurs cousines Tagada présentes en quantité sur le ravito qui astucieusement servira deux fois, aux kilomètres 12 et 22.
Pas d’inquiétude si Haribo n’est pas votre truc, la variété des produits disponibles vous comblera : produits du terroir (dont d’excellents fromages), différents types de boissons et, gage de qualité, ce que je préfère car ça rappelle l’apéro, mes TUC favoris (voir épisodes précédents) ! Après deux bonnes grimpettes, le dernier ravito et le belvédère du Revard, il est temps de songer à plonger sur la Riviera des Alpes.
Déjà un peu plus de 2 heures de course et on n’a pas vu le temps passer. Quelques panneaux humoristiques bien sentis annoncent d’ailleurs que ça va taper (je ne dévoile pas tout, allez les voir…) mais mes Hoka Mafate vont faire le job… Du roulant, du technique, du pittoresque (tremplin de saut à ski de 1908, ancien chemin de fer, tunnels, couvent), des vues magnifiques sur le lac puis de l’urbain goudronné mais souvent en site propre et quand même accidenté.
Il suffit alors de dérouler au bord du lac pour arriver finalement en 4h tout rond, 20 secondes devant Anthony Gay (le vainqueur du 80 km), que j’ai doublé sans m’en rendre compte quelques kilomètres avant et qui finit lui en 8h une course largement trois fois plus difficile que la mienne. Le trail reste décidément toujours une leçon d’humilité.

Il me reste l’après-midi pour profiter des abords du lac et de l’ambiance, en restant sans réponse à cette question qui me taraude depuis la veille : mais pourquoi cette course sans défaut n’a-t-elle pas plus de succès ?

La trace Garmin de la course : https://connect.garmin.com/modern/activity/1735635888