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Everest Trail Race 2017 – Philippe Richet

Everest Trail Race 2017 - Philippe Richet

Après avoir couru sur 7 continents, traversé des déserts de sable ou de glace, des températures de + 50 degrés à -43 degrés, je reste émerveillé par les capacités humaines autant physiques que mentales !
Parmi épreuves que j’affectionne tout particulièrement : les courses par étapes.
Retour sur sa course – North Pole Marathon ICI
C’est l’occasion de croiser de grands champions mais aussi des personnes au courage incroyable, capable de rester 10 h sur une étape et arriver, non seulement en héros mais avec un sourire d’un fraicheur incroyable qui laisse admiratif.

« Pour un landais, c’est un peu difficile à imaginer… »

Le défi de cette année, une course méconnue en France : Everest Trail Race !
Déjà, évoquer le toit du monde ça fait rêver !!!
Courir en altitude, je n’ai jamais essayé donc destination Népal !!!
La course est pour une fois en semi autosuffisance, l’organisation gère les repas, même les ravitaillements en gels et barres , c’est un sacré confort, du coup les sacs doivent osciller entre 3,5 kg et 7 kg.
La liste du matériel obligatoire réside surtout dans la gestion du froid, sac de couchage -10 degrés, doudoune, T-shirt manches longues…
La course une petite blague de 160 km en 6 étapes avec 30 000 m de dénivelé cumulé avec des passages à plus de 4 000 m d’altitude !
Pour un landais, c’est un peu difficile à imaginer, mon spot d’entrainement c’est La Rhune (5 km pour 700 m D+) qui culmine à 901 m, mais çà ne m’a pas empêché de faire la Diagonale des Fous et l’UTMB®, donc restons optimiste !
Je teste un masque qui simule l’altitude néanmoins, au début c’est super contraignant mais au bout de plusieurs entrainements je suis super à l’aise …ça sent le gadget ?
Dans mon entrainement, j’avais surtout prévu de cumuler deux gros morceaux l’UTMB® et le Tor des Géants !
Mon idée était de commencer ma préparation doucement enchainer avec l’UTMB® en 40h, récupération et refaire le Tor en cumulant du dénivelé et des kilomètres, puis enchainer par des montées une fois par semaine dans mes Pyrénées !
Mais quand on a un poste à responsabilités et que l’on a des absents, faut regarder ce qui me fait vivre mon job…
Les courses c’est une passion mais ça ne me fait pas vivre ni moi, ni ma famille .

L’organisation est Espagnole, on retrouve donc pas mal de pays parlant la langue ibérique : Colombie, argentine, Mexique , argentine … et aussi une forte représentation anglaise , toujours friande des courses extrêmes .Quelques jours avant , on reçoit un mail nous signalant des conditions plus dures que d’ordinaire , les pluies ont accidentées les chemins , les pierres seront glissantes, beaucoup de boue et les nuits glaciales !tout ce que j’aime …

Aller à Katmandou, c’est déjà une épreuve, Bordeaux puis Amsterdam via Londres ensuite Istanbul et enfin arrivée dans la capitale Népalaise ! Le survol de Katmandou est formidable, on aperçoit l’Himalaya, le spectacle est grandiose  par contre , on ne voit pas la ville, tellement elle est polluée, le contraste est frappant.
Je vous passe les contraintes douanières et les premiers contacts avec les embouteillages, après 35h de vols et d’attentes, tout me parait fastidieux !
Everest Trail race 2017 - paysage 2L’hôtel est un régal, premier contact avec tout le staff, premier « NAMASTE », petit lunch et déjà le briefing !
C’est vrai, on est là pour une course….le programme du lendemain, visite de Monkey Temple puis l’après midi sera consacré au contrôle des sacs  visite médicale et remise des dossards.
Je vais partager ma chambre et ma tente avec un américain, Martin, avec qui je vais former une équipe, histoire de partager une autre histoire avec mon camarade de camping.
Ça va être épique, il est aussi speed que moi, vegan et moi Landais !
L’on est plus 54 mais 62 concurrents et il y a de supers champions : Luis Alberto Hernando, champion du monde de trail 2016 et 2017, Jordi Gamito 10e de l’UTWT, le norvégien Sondre Amdhal, Ester Alves, Elisabeth Barnes vainqueur du marathon des sables 2017, la liste est longue, disons que c’est agréable de voir tous les jours ces stars du trail ! Il y a aussi des surprises deux népalais, un garçon et une fille, méfiance !

« On a tous en hâte d’en découdre »

{1ère étape} – L’organisation est vraiment top, tout est bien huilé, c’est agréable, j’écope du numéro 17, mon sac est à 5kg, même si on a à manger j’ai mes 400g noix de cajou et mes petits saucissons !

Il est temps de prendre des mini bus pour rejoindre le camp de base de Jiri, juste 9h de bus, une horreur, les chemins sont défoncés et le chauffeur conduit au bruit des klaxons, encore une épreuve dans l’épreuve .
L’arrivée au camp est un soulagement, j’hérite de la tente numéro 5, il y a un matelas, c’est le grand luxe.
On commence à se connaitre un peu maintenant en prenant les repas ensemble, il y a deux clans les Espagnols qui ne veulent pas faire d’effort pour parler anglais et le reste du monde, je fais partie de cette équipe .

Enfin le premier étape, on a tous en hâte d’en découdre, c’est la plus facile, c’est pour se mettre dans le bain 21 km avec 4000 m de dénivelé cumulé.
La nuit a été très humide et le matin est très frais, mais le soleil chauffe vite…toujours le même scénario, le briefing, la musique folklorique, le maire du village, un ministre , font un petit discours, puis la musique rock à fond pour faire chauffer les moteurs, la photo cérémonie, le compte à rebours qui fait monter le cardio et ouf la délivrance …
Les fusées se mettent en action d’entrée sur une montée en single dans un champs de coquelicots fanés on est à 2 000 m Philippe Richet - everest Trail Race 2017 - iancorless.com.d’altitude, on traverse le village, je suis derrière 5 féminines, ça galope dur… mais sera pratiquement la dernière fois …première difficulté 4 km et 800 m de dénivelé positif, ça grimpe, je ne sors pas mes bâtons contrairement aux autres, j’allonge mes jambes et je commence à doubler facilement.
Je remonte sur Martin, Paul et Marc deux jeunes Anglais.
La descente est laborieuse, ils descendent plus vite que moi , je suis obligé de m’arrêter, mon sac est en train de se découdre, obligé de sortir le kit à FIFI, évidemment je râle, je repars, j’aperçois Ester et la Népalaise qui reviennent sur moi, heureusement, on attaque la deuxième difficulté 6 km et 1000 m de dénivelé positif, je produis mon effort pour semer les filles et essayer de recoller le groupe des 3 gars. A 1 km du sommet je passe Marc et Martin, j’essaie de creuser un écart car on finit par 4km de descente. Je passe le cp 3, je ne prends rien, je fonce, descente à pic, j’essaie de m’appliquer et c’est la chute , je repars mais Ester et Marc me dépassent à fond, je suis scotché, heureusement, la pente diminue et du coup je peux faire parler ma pointe de vitesse, je finis à 10s de Marc , à 2 min d’Ester.
Je finis 11ème, Martin est à 10min, Elisabeth Barnes à 12 min, la Népalaise aussi, bref je suis content car mis à part en descente, je me suis impressionné en montée.
La fin de la première étape c’est toujours sympa, tu sais le niveau des uns et des autres mais tu as partagé enfin une chose importante , les premiers t’encouragent et ainsi de suite, on s’inquiète pour Nimesha, elle arrive à la tombée de la nuit à 15min de la barrière horaire, on lui fait une haie d’honneur, elle est émue et pleure … du coup tout le monde a une petite larme , premier moment d’émotions .

« Ma tête dit avance, mais pas de réponse au niveau des bras et des jambes »

{2ème étape} – On est à Bhandar et la 2e étape va nous mener à jase bhanjyang , c’est pour le staff l’étape la plus haute, 27 km pour 6 000m de dénivelé cumulé et un passage à plus de 4 000m d’altitude, je buche le roadbook, les 4 km de descente d’entrée m’inquiètent, d’autant que les 40 derniers partent 1h plus tôt.
La nuit a été fraîche, les vêtements sont humides, mais le soleil à 8h nous réchauffe rapidement.
Everest Trail race 2017 - paysage 5Mes craintes étaient fondées, la descente est, je suis pratiquement dernier, c’est un véritable calvaire, c’est frustrant mais je suis impuissant, c’est trop technique pour moi…je suis tétanisé !
Mais tout à une fin…l‘ascension débute enfin, 5 km 1 500 m de dénivelé positif  je passe les concurrents au fur et à mesure, assez facilement, c’est la remontada !

Là, c’est grisant, on se croirait dans un col du Tour de France, et toujours sans bâtons …Au CP 2, je suis 7ème, j’ai doublé tous les coureurs du premier départ, j’attaque la grosse difficulté du jour 8 km et 1 200m de dénivelé positif.
Je reviens sur Eric, un jeune espagnol, il m’a mis 20 min la veille, il navigue, il est en totale perdition, j’arrive à sa hauteur et d’un coup je prends 50 kg sur mes épaules, impossible de dérouler comme 2 min avant, incroyable, on est à 3 800m , autant je n’ai pas de problèmes respiratoires ou maux de tête autant musculairement je suis à l’arrêt.

Ma tête dit avance mais pas de réponse au niveau des bras et des jambes, je suis obligé de sortir mes bâtons pour la première fois (et la dernière). La torture commence, on se fait rattraper par les élites Michèle l’italien, Ester, Elisabeth… ils passent vite en plus, je me retourne et les personnes partis 1h avant nous, nous rattrapent dans la montée de Pikey Peak.
Le vent de face ne nous aide pas, ni la neige et la glace !
C’est dur moralement mais je vais boire le calice jusqu’à la fin avec les 4 km de descente, la glace dans les single rend les appuis difficiles et la moindre erreur, c’est le gros accident…..franchement j’ai peur !
Le calvaire s’arrête au bout de 6h30, je suis au fond du seau, j’ai pris 1h sur ceux que j’avais battu la veille, c’est une autre course qui commence, je vais essayer de prendre plus de plaisir et profiter du paysage.
Le coté sympa, c’est que les gens ne comprennent pas ma défaillance « T’AS PAS ÉTÉ T’ENTRAINER EN ALTITUDE ? » Non !!!! Je ne suis pas allé à Leadville au Colorado ou en argentine ou au Mexique ! Je ne suis pas pro non plus …Je suis déçu car l’étape était une étape de grimpette contrairement à l’étape de demain !!!

« …on reste ensemble on discute, c’est ce que j’aime aussi dans ces courses… »

{3ème étape} – La nuit est un enfer, impossible de dormir, à 4 000 m d’altitude il fait -10° C, la tente a givré de l’intérieur et avec le soleil , les gouttes ont trempé nos affaires, la journée commence bien …au programme aujourd’hui , la 3e étape la plus dure, la plus longue 37 km 6 600 m de dénivelé mais 23 km de descente donc vous avez compris que çà va être la galère…
Mais on va s’approcher de l’Everest pour la première fois .
Toujours le même refrain, çà part très vite, d’entrée 8 km de descente et grande surprise Elisabeth Barnes est avec moi, pas bon signe pour elle, mais d’entrée elle chute, 20 min après c’est à mon tour !
Everest Trail race 2017 - paysage 1Au fur et à mesure de l’étape, on reste ensemble on discute, c’est ce que j’aime aussi dans ces courses…je suis plus facile qu’elle dans les montées, elle est un peu plus à l’aise dans les descentes, on décide de faire l’étape ensemble et de s’aider, de s’attendre, l’étape passe plus facilement mais devient plus dangereuse, la boue, les pierres sont glissantes, on chute une fois chacun, mais désormais sur des passages étroits on croise des convois de mules ou de yacks, c’est drôle au début mais faut faire attention aux précipices.
On finit l’étape par une montée style muraille de chine, là je me régale, j’aurai pu filer mais un pacte est un pacte . On finit ensemble, on veut lever les bras et sur la dernière marche, je glisse, on tombe tous les deux !!!
Gros fou rire du staff et de nous deux aussi. Au niveau du temps de course, c’est pas top et pourtant je dépasse pour 1 min Eric au classement et Marc arrivera à la nuit , je peux me battre pour un top 15 ce qui est génial.
Elisabeth est 3ème  Ester passe 2nde , la Népalaise Cheechee prend les commandes !
Chez les hommes, première défaite de Luis Alberto, c’est le jeune népalais qui gagne et se rapproche au classement !
Sondre est 3ème et Jordi 4ème . On est 4ème par équipe avec Martin , vu les noms devant, là aussi c’est extraordinaire.
On dort devant un monastère bouddhiste, c’est un moment fort, on a pu assister à une cérémonie, le staff est toujours aux petits soins, c’est finalement une bonne journée , beaucoup de rires et finalement on a bien géré .
La nuit est un peu moins froide mais les affaires ne sèchent plus du tout.

« les sherpas…..ce sont eux les champions »

{4ème étape} – Le matin quand on enfile toutes ces affaires mouillées c’est là aussi un moment difficile. Petite lecture du roadbook pour l’étape 4, 28 km 4 500 m de dénivelé …l’arrivée est à Phakding !
Les paysages sont vraiment spectaculaires, toutes ces montagnes si hautes, avec les sommets enneigés, ce ciel si bleu  ces rizières en cascade d’un vert foncé, c’est un pur régal de pouvoir courir dans cet univers.
Les gens nous regardent passer, on EVERESTdouble des sherpas qui portent des choses incroyables sur leur dos, ce sont eux les champions, on échange quelques Namasté avec beaucoup de pudeur.
Le départ s’effectue au niveau du temple , il va falloir emprunter les marches à pic d’entrée puis 3km de descente technique, alors vous avez compris le même schéma que d’habitude se profile, je suis largué et dès que l’on monte, j’entre en scène, toujours sans utiliser mes bâtons, pourquoi je les ai amené ?
Je remonte jusqu’à la 7e place, avec Chee Chee et Martin mais c’est déjà le moment de redescendre, Ester me rattrape, je m’accroche ça remonte un peu, et surtout çà glisse, c’est étroit, les trains de mules et de yaks, m’aident à rester au contact.
Pas longtemps, ça redescend, je vois Elisabeth me doubler, elle prend des risques pour grappiller des places au général , Michèle me double aussi et petit à petit l’ordre du général se forme car à mon tour je passe Eric…. on traverse des villages ou le trekking est roi.
Le petit Frenchie est encouragé, c’est incroyable, beaucoup de Français sont à Namche Bazaar et ils suivent la course, ça me booste drôlement, des jeunes courent même à mes cotés, ils savent que je suis le seul français, c’est un autre grand moment d’émotions, on enchaine les traversées de grand ponts, c’est un passage toujours agréable en terme de vue, parfois on croise des mules et là, c’est plus délicat…
Je termine les 10 derniers km seul, çà me fait bizarre …
Surprise à l’arrivée, on va dormir dans des lodges. La douche est glacée, il fait froid, on est à 3 000m d’altitude et la chambre est un véritable frigo, on est obligé de dormir dans le se sac de couchage, mon proto Millet est vraiment idéal pour ces températures….

« ce n’est pas le bon chemin »

{5ème étape} – La nuit a été rude, on est déjà au départ de l’avant dernière étape, le petit népalais a encore gagné , il est très proche de Luis Alberto.
Au menu du jour 20 km 3500m de dénivelé cumulé avec une arrivée à Tyangboche, à 4 000m !
En tout cas, ça monte mais il faudra naviguer au roadbook, pas de balisage….
Pour une fois, on attaque par une montée rapide mais avec beaucoup de pierres et il fait très froid, je pars à ma place, j’assure bien dans la descente et arrive la dernière montée de 3 km, c’est une montée avec des parties sèches mais des lacets étroits.
Puis arrive une intersection, ça descend à droite et à gauche ça monte …l’arrivée est au sommet, on va à gauche, je suis bien…vous sentez arriver la tuile ?
Ce n’est pas le bon chemin, je suis en train de contourner la montagne, par chance, je trouve un sherpa, je lui montre le roadbook, il me trouve un chemin , j’ai au moins perdu 20 min, je monte encore et je retrouve un chemin qui descend, je tombe sur Elisabeth et Eric.
Il reste 1 km et tant pis je compte me faire plaisir, je fonce, je prends 2 min à Elisabeth et 3 à Eric, je consolide un peu plus tous les jours ma 15ème place.
J’ai tellement accéléré que je n’ai même pas vu le décor. C’est un instant magique, on va dormir encore à l’hôtel, toujours une chambre froide, je me dépêche de me changer pour profiter du spectacle, le panorama est phénoménal , c’est un moment intense, il y a la fatigue et on devient hyper sensible. Je pourrais rester des heures à contempler cette beauté.
Mais nous sommes en montagne tout va très vite des nuages arrivent et en 10 min on ne voit plus rien !
Des coureurs arrivent et ne voient pas ce spectacle devant eux.
Les après midi, c’est café ou thé, on se connait tous, de fortes amitiés sont en train de se forger Kieran et Gareth, les twins arrivent souvent derniers mais ils sont excellents, un super état d’esprit, mon anglais devient presque naturel et je discute de plus en plus avec les Espagnols, faut juste être performant et les titiller pour être admis.
Le plus sympa c’est Luis Alberto, on discute beaucoup, il est inquiet, je le rassure, il a peur de la dernière étape , il a juste 6min d’avance, il en voulait 10, car le petit Népalais va vite dans les descentes et demain c’est 15 km de descente…tous les matins je lui dis c’est toi le champion du monde !

« ça restera un souvenir inoubliable »

{dernière étape} – Et voilà le grand moment , le der des der 30 km 5 300 m de dénivelé jusqu’à Lukla, à priori pas une étape pour moi, j’ai 5 min d’avance sur Eric, il va attaquer mais souvent  je le remonte sur la fin.
Je ne m’affole pas, même si c’est comme hier, navigation au roadbook je préfère profiter de cette dernière étape, on a eu la chance la veille d’avoir le coucher du soleil sur l’Everest et ce matin le lever de soleil était juste prodigieux.
Le départ s’effectue 5 min avant, j’étais pas prêt !!!
Philippe Richet - everest Trail race 2017Tout le monde a envie d’en finir, je serre les fesses les 3  premiers km, la montée est de 6 km, toujours le même scénario, j’entame ma remontée fantastique, je remonte jusqu’à Ester et là 12 km de descente, j’essaie de la suivre, je décroche, Marc me rejoint, mon petit chouchou a les jambes de la première étape, j’arrive à le suivre, la pente est moins raide, moins de pierres, de la poussière, ça j’aime, on revient sur Ester.
De nouveau une partie super technique et là je pars en vrille, une gamelle qui fait mal  mais tant pis je me relève et repars à l’abordage, on traverse un village et là de nouveaux mes supporters, c’est grandiose, j’ai droit à une mini marseillaise  j’ai des ailes qui poussent, ma douleur au genou a disparu.
L’étape défile, je perds un peu dans les descentes et je reviens dans les montées, dernier CP, il reste 3km et c’est mon domaine maintenant, là encore je sais le bonheur de finir une grosse course avec quelqu’un, je propose l’idée, on a fait toute l’étape ensemble, ma proposition est adoptée et même Ester me dit çà me ferait énormément plaisir, on profite un maximum, on sait que l’aventure se termine, on pourrait courir on choisit notre arrivée avec Ester au milieu, je sors mon drapeau bleu blanc rouge avec fierté, j’ai représenté dignement mon pays, on finit main dans la main, le village de Lukla nous accueille en héros , tout le staff est là  on se prend les 3 dans les bras, ça restera un souvenir inoubliable, on est FINISHER et le reste n’a plus d’importance, on a vécu une expérience mémorable ….

Everest Trail race 2017 - paysage 1..jpg

J’apprends avec beaucoup de tristesse que Luis Alberto perd la course, il ne fait que 4ème , nous on finit 9ème , Les Népalais restent maitres chez eux, c’est aussi çà la magie du trail ….l’autre magie, c’est que tu n’es plus Anglais, Espagnols ou autres, tu es finisher et amis pour la vie !
Que la fête commence …et là aussi, c’est du lourd !
Dernière sensation le retour vers Katmandou, on prend l’avion à Lukla, l’aéroport le plus dangereux au monde !!!
J’ai encore vécu une aventure extraordinaire , avec humainement des moments très forts, une course super bien organisée, un cadre majestueux aussi, franchement c’est à faire !

Par Philippe Richet