Coureurs

GRR 2018 – Dans la foulée d’Audrey Tanguy

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Poste Le 24 octobre 2018 par Luc Beurnaux

A quelques jours du Grand Raid de La Réunion 2018 et à la veille de son départ pour l’île de l’océan indien, rendez vous était pris avec Audrey Tanguy, lauréate de la TDS 2018, pour sa dernière sortie d’entraînement à une semaine de la course.

Nichée à 600 m d’altitude sur les contreforts du massif des Bauges, depuis son appartement avec terrasse elle domine la Combe de Savoie et le massif de Belledonne. Pas un bruit, le calme et la quiétude de l’endroit sont propices au repos et à la contemplation.
Au sommet de la route, des chevaux, les dernières prairies et les arbres qui ont pris leurs couleurs d’automne, ces feuilles multicolores qui commencent juste à recouvrir les chemins.

Audrey Tanguy - Massif des Bauges

Audrey des montagnes

Un café, le temps d’enfiler les chaussures, un sac et c’est déjà parti, c’est l’un des 2 jours de la semaine ou elle ne travaille pas, elle met a profit ce temps pour s’entrainer ou aller se balader en montagne sur l’un de ses parcours favoris, celui ci elle l’a déjà emprunté plus de 40 fois cette année, quelque soit le temps…..mais elle ne s’en lasse pas.

Dans la Foulée de Audrey Tanguy avec Fred BousseauPas de montre, pas de planification précise, elle part « dré dans le pentu » comme on dit ici, une pente en sous bois qui ressemble à celle d’un KV, Audrey trottine devant moi, c’est sa dernière sortie elle doit faire environ 2h.

C’est là qu’elle se retrouve dans son élément, depuis toute petite elle vit ici, c’est son terrain de jeu et d’épanouissement, « je m’amuse se plait-elle à répéter », elle aborde d’ailleurs le trail comme un plaisir de pouvoir parcourir les montagnes par tous les temps mais aussi de pouvoir le partager avec sa maman, sa sœur ou des amis.
« A 12 ans, je partais courir seule, j’aime courir seule mais le partage offre aussi des moments privilégiés ». Son visage rayonne lorsqu’elle parle de ses montagnes, des Bauges qu’elle affectionne tant et qu’elle peut parcourir des heures durant.

Après une petite heure à courir, on atteint le sommet qui domine de chaque côté la vallée et l’Arclusaz, l’un des sommets emblématique du massif des Bauges à plus de 2 000 m.
« Ici c’est mon Caroux à moi », en rapport avec les liens étroit qu’elle a avec Anne et Antoine guillon et elle ajoute le regard émerveillé par le panorama, « lorsque tu n’es pas bien, venir en haut d’une montagne ça te guéri de tout ».

Du parc de Saint Cloud au Parc des Bauges

Mais avant de revenir sur ses terres cette année, la jeune professeur d’EPS est passée par Paris, 3 ans dans le 15ème arrondissement, « j’allais courir dans le parc de Saint Cloud, le métro pour m’y rendre et la même boucle à répéter entre 6 et 9 fois, il m’arrivait aussi d’aller faire des marches à Montmartre ou de m’enfermer dans une salle de sport pour faire de l’elliptique ».

Audrey Tanguy 2018Elle devait s’en accommoder mais l’appel des montagnes était trop fort et c’est lors d’un stage en juillet 2017, alors qu’elle s’était inscrite au 85 km de l’Echappée Belle, sa première grande course, qu’elle rencontre Antoine Guillon, un déclic de plus.

Au rythme de 1 ou 2 dossard par an, elle fait juste des courses autour de chez elle, et se dit que les grandes courses c’est pas pour elle, par peur du niveau
Elle va même avec une amie au départ de la TDS en 2017, impressionnée elle se souvient lui avoir dit : « jamais je ne ferai cette course » (NDLR : elle l’a remporté cette année devant Rory Bosio)A LIRE ICI
Antoine Guillon va alors sentir le potentiel de la jeune Savoyarde discrète et parfois effarouchée par tout ce milieu qu’elle découvre et ne connaît pas.

Il va l’encadrer, la mettre en confiance, lui prodiguer quelques conseils pour éviter qu’elle ne se brûle les ailes, « Antoine m’a beaucoup appris sur l’entrainement, l’alimentation et la gestion des courses, par exemple à marcher dans les montées, là ou moi j’avais envie de courir ».
Et l’apprentissage continue, elle a gagné près de 1h sur le plus grand des tours qu’elle a l’habitude de faire, son plaisir, sa vie et sa progression sont dans le parc des Bauges et plus dans celui de Saint Cloud.

Posée mais stressée avant le Grand Raid

Aujourd’hui, elle veut profiter, profiter de ces moments qui lui paraissent presque improbables. Coincée par les vacances scolaires, elle ne pourra pas faire toutes les courses et ne souhaite d’ailleurs pas en faire plus que 3 ou 4 par an, elle connaît les dangers de l’ultra et écoute les conseils qu’on lui donne « je ne veux pas avoir à m’en prendre à moi même ».

Audrey Tanguy et Kilian Jornet - Fred BousseauElle veut allier ses 2 passions, la course à pied et les voyages, elle a l’esprit globetrotteur et ce n’est sans doute pas par hasard qu’elle fait partie des Globetrailers d’Antoine Guillon.
« Au grand Raid il y a de grandes athlètes comme Nathalie, Emilie, Mimmi ou Juliette ».
Elle aborde cependant avec une certaine sérénité la course « après la TDS s’il avait fallu faire 40 km, j’aurai pu, je me sens de mieux en mieux au fil du temps ».

Sans doute une fois que le stress est évacué, car si elle semble calme et paisible elle reconnaît ne pas arriver à dominer et contrôler cette situation et qu’au fond elle bouillonne !
« Avec le temps, l’expérience et la confiance cela s’arrange un petit peu » reconnaît t-elle.
Le départ est jeudi soir à 22h, un moment qu’elle attend pour se lâcher et laisser se stress derrière elle : « une fois que c’est parti, c’est parti »
Un mot, stress, qu’elle a sans doute évoqué plus d’une dizaine de fois au cours de notre sortie de 2h15, pour 16 km et un peu plus de 1000 m de dénivelé, comme pour se désacraliser de ce mal ou le transformer en énergie positive.
Avec un brin de naïveté et toujours avec ce sourire communicatif qui la caractérise, elle ajoute « Je connais juste et j’adore Emelie Forsberg, et dire qu’elle est même venu courir ici, sur mes chemins et j’étais même pas là », avec le regard pétillant d’une petite fille devant ses idoles, comme Kilian Jornet ou encore François D’Haene.

Elle qui aimerait avoir une photo avec le Grand François, pourrait l’avoir dimanche sur le podium du Stade de La redoute mais pas en selfie cette fois-ci.

Par Fred Bousseau – ©Fred Bousseau

Fiche d’identité

Audrey Tanguy
30 ans – née le 5 janvier 1988
Réside à St Pierre d’Albigny (73)
Professeur EPS
Team Globetrailers – Raidlight.
2ème 90 km Mont-blanc et MIUT 85 km 2018
Vainqueur TDS 2018
Vainqueur Echappée Belle 85 km 2017

Dans la Foulée de Audrey Tanguy avec Fred Bousseau

Audrey Tanguy - trail running

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